Femme algérienne
Cette moitié délaissée
Comme chaque année, le 8 mars est célébré avec faste dans les salons officiels où ne sont invitées à recevoir honneur et distinctions que des femmes triées sur le volet, celles qui activent dans des associations satellites du pouvoir, pendant que le plus grand nombre vivotent dans l’indifférence, même si elles sont plus utiles au pays, où qu’elles soient.
Les premières, minoritaires et bien introduites dans le système bénéficient de tous les égards. Elles ne connaissent rien des difficultés de la vie de tous les jours, contrairement aux restes des femmes, majoritaires, qui souffrent dans l’anonymat et notamment connaissent les affres de la violence sous toutes ses formes, du harcèlement sexuel sur leur lieu de travail pour celles qui travaillent, des brimades y compris de la part d’autres femmes nées elles sous une bonne étoile. Les enquêtes plus ou moins officielles, disent que la violence contre les femmes est « un phénomène social qui continue de sévir en Algérie malgré les efforts déployés en vue de le juguler tant par l’Etat que par le mouvement associatif ». Selon les chiffres avancés par les services de la sûreté, elles sont des milliers de victimes recensées chaque année. « En dépit de l’évolution de la condition féminine aussi bien sur le plan social que culturel, des femmes demeurent en proie à différentes formes de violence laquelle est contraire aux préceptes de l’Islam mais trouve sa genèse dans des traditions archaïques et des idées erronées », expliquent les enquêteurs. D’après l’association « femmes en communication », le principal terrain de lutte pour les femmes en Algérie, reste celui contre les violences qui leur sont faites le plus souvent par un parent. Cette association a fait part à la presse à l’occasion du 8 mars de plus de 3.000 cas de femmes « violées, battues, ou brutalisées ont été officiellement recensés en 2007 en Algérie ».
La source citant une enquête officielle récente sur la montée de la violence contre les femmes, révèle qu’une « femme mariée sur dix faisait l’objet de violences physiques ». Elle distingue différentes formes de violence : physique (coups et expulsion par la force), verbale (humiliations) et psychologique (menace d’expulsion...) et le fait de forcer des femmes à avoir des rapports sexuels. Malgré l’adoption par l’Algérie en 2007 d’une stratégie quinquennale de lutte contre la violence à l’encontre de la femme, qui vise à « assurer une meilleure prise en charge des femmes et des enfants victimes de violences », ce phénomène persiste à cause de l’impunité ambiante. Cette stratégie pourtant, « repose sur le principe de la prévention et fait la distinction entre la violence basée sur des considérations sexistes des autres types de violence sociale », dit-on sur le papier. Elle vise aussi, à « mettre en place les mécanismes idoines pour une prise en charge globale des victimes de violence ainsi que pour sensibiliser la société et ses institutions que sont la famille, les médias et l’école ». Cependant, la réalité est tout autre, elle est tout simplement amère pour des milliers de nos concitoyennes sujettes à toute sorte de violence dont le plus grand nombre reste non dénoncé. Il faut voir simplement le cas de très nombreuses jeunes filles dans des grandes villes qui ont quitté pour différentes raisons leur milieu familial et qui sont exploitées par des individus peu recommandables pour être rejetées une fois leur jeunesse fanée.
Abbes Benali
Gros plan sur les activités halieutiques
40 millions d’euros, c’est peu !
L'Algérie exporte du poisson principalement vers les pays européens. Elle exporte essentiellement des produits de mer dits de luxe comme la crevette, la langouste, l'espadon et la daurade. En valeur, cela correspond à près d’une quarantaine millions d'euros par an. C'est peu. C'est en deçà des potentialités dont elle dispose. Le secteur de la pêche reste ainsi marginal dans la structure des exportations. Sur le marché domestique, les besoins en poissons sont importants. A en juger par les chiffres, la consommation du poisson est relativement faible : elle est passée de 2,2 kg par personne par an à 5 kg par personne par an, ces dernières années, la norme internationale est fixée à 7kg, le seuil requis par la FAO est de 6,2 kg par habitant et par an. A fin 2005, la production nationale de poisson, toutes espèces confondues, a atteint 139.000 tonnes contre 137 108 tonnes en 2004. Bien que l'Algérie ait intensifié ses efforts dans l'objectif de renforcer le secteur de la pêche aussi bien sur le plan quantitatif que qualitatif et garantir l'efficacité de la stratégie de gestion durable de ses ressources halieutiques, les prix à la vente des produits de la mer dépassent tout entendement et restent encore inabordables pour les consommateurs qui se tournent vers le surgelé et le congelé.
Aujourd'hui, le stock pêchable de l'Algérie, estimé à 280.000 tonnes, est " sous-exploité ", parce que les professionnels du secteur sont sous dotés en moyens. Aussi, faut-il moderniser l'outil de production par l'acquisition de nouveaux bateaux de pêche équipés de moyens de communication et de détection de zones de pêche. Finalité, augmenter la production nationale halieutique et développer l'aquaculture. Cette dernière représente aujourd'hui la seule alternative qui fera face à l'évolution constante de la demande de la population et renforcera la production. C'est un défi à tenir. Et, les pêcheurs y croient. Chaque année, à la faveur du Salon euro-méditerranéen de la pêche et de l'aquaculture " Sempa", les professionnels de la pêche se font, l'espace d'un salon, les promoteurs d'un secteur à la traîne. Sempa demeure une manifestation de dimension internationale que les chargés du secteur de la pêche veulent perpétuer, avec le concours d'autres pays. Sempa réunit chaque année, des exposants venus d'Italie, de France, d'Espagne, de Tunisie, d'Egypte, de Turquie, de Belgique, de Hollande et de Corée du Sud. Il permet l'exposition de produits de pêche, de l'aquaculture, d'outils de production (navires, engins, équipements de pêche),… La grosse partie des participants appartient au pourtour méditerranéen, bassin de toutes les convoitises. Que ce soit en Algérie, en France, ou en Espagne, pour ne citer que ces pays là, les chargés des activités halieutiques estiment qu'il y a menace aujourd'hui sur la pêche en Méditerranée. C'est un problème qu'il faut affronter de façon urgente et coordonnée. Il faut notamment mettre en place des politiques visant à mieux gérer les stocks de poissons et développer l'aquaculture. Au niveau des stocks de poissons, en rapide diminution en Méditerranée, comme par exemple le thon rouge, les pays du pourtour méditerranéen dont l'Algérie, prônent des analyses objectives, une harmonisation des règlements et une aquaculture de qualité. L'Algérie, membre du Centre international de Hautes études agronomiques méditerranéennes (CIHEAM), veut un renforcement de la coopération en vue de favoriser une gestion durable des activités de production des pêches maritimes et d'aquaculture en Méditerranée. Elle insiste souvent sur l'importance de rendre effective cette gestion par un renforcement de la coopération mais aussi de l'assistance pour le développement des capacités techniques, l'amélioration des dispositifs juridiques et institutionnels de gestion à travers l'intégration de considérations relatives à l'écosystème marin. Ces préoccupations doivent tenir compte des spécificités inhérentes aux aspects d'ordre géomorphologiques du plateau continental, sociologique et culturel. C'est autour de ces principales préoccupations que devrait se renforcer l'intervention du CIHEAM pour contribuer davantage au développement durable des activités de production des pêches maritimes et d'aquaculture dans la sous région. Les plus optimistes, ceux qui ne souhaitent pas noircir davantage le tableau, estiment que dans ce secteur, des progrès ont été quand même réalisés par l'Algérie. Mais des efforts complémentaires devant être déployés pour encadrer et accompagner les programmes de développement menés, actuellement, sur le terrain. C'est un processus de développement long. Il est encadré, sous tendu par la loi sur la pêche et l'aquaculture adoptée en 2001, dont les principes et fondements se sont largement inspirés des instruments internationaux en la matière et, notamment, du code de conduite pour une pêche responsable. Y a t-il réellement volonté de faire émerger un secteur fort arrimé à la méditerranée ? Outre cette loi, une série de meures ont été prises. L'objectif est de mieux organiser l'exploitation des ressources halieutiques, ainsi que l'ensemble des programmes de soutien et d'aide de l'Etat en vue de développer une activité aquacole durable, dont les efforts consentis dans ce domaine commencent à se traduire en acte, disent, pompeusement, les responsables du secteur de la pêche.
Rachid Tadart
Entretien avec Kahina Selmoune (athlète de l'EN de Kung Fu)
« Je m'entraîne sans club !»
Elle est jeune. Elle vient des montagnes du Djurdjura où elle a découvert le Kung-Fu. Elle porte les couleurs nationales. Sans club, elle demande une meilleure prise en charge de cette discipline en Algérie. C'est une championne sans moyens conséquents. C'est aussi le vécu des athlètes des sports dits mineurs…
- Présentez-vous à nos lecteurs…
- Je suis Kahina selmoune et je suis née en juillet 1984 à Tizi Ouzou. Avant de pratiquer le Kung-Fu, j'aimais jouer avec mes frères et sœurs en pratiquant des exercices de souplesse, de combat et en imitant les scènes de films qu'on voyait à la TV. Aussi je suis étudiante à l'IEPS où je prépare ma licence tout en étant athlète de l'équipe nationale.
- Mais comment vous avez fait le grand saut d'aller pratiquer ce sport de combat dans votre village en Kabylie ?
- C'est mon cousin qui, remarquant sans doute mon penchant pour le confrontation et les exercices physiques de souplesse, m'emmenait avec lui pour assister à ses séances d'entraînements. C'est là que j'ai découvert ce sport qui allait devenir ma passion à partir de l'hiver de l'année 1998. C'est la date du début de ma carrière sportive. C'est au club du NRB Béni Doula (Tizi Ouzou) que j'ai commencé mon apprentissage sous la houlette de Mr Sam Hcéne qui était mon entraîneur et qui m'a beaucoup aidé. J'ai dû changer de club suite à des problèmes au sein de ce club puisque j'ai rejoint l'OCD.
- A quand remonte votre première participation en compétition nationale et votre première sélection en équipe nationale ?
- J'ai commencé à prendre part aux compétitions nationales en 2001. Je me rappelle bien de cette sortie à la salle Harcha Hacène à Alger où j'ai gagné mon premier titre. Par la suite je me suis illustrée lors des championnats organisés à Douaouda, Sétif, Boussaâda, la commune des Eucalyptus… Ma première sélection remonte à l'année 2003 mais je dirais que j'ai découvert une équipe nationale en bute à des problèmes de moyens car elle manquait de salle et de matériel d'entraînement mais heureusement qu'il y avait un staff technique très volontaire constitué par Mrs Yousri A, Karouaz etv Abderrahmane qui faisaient de leur mieux pour nous permettre de nous préparer aux compétitions et tournois internationaux. Je citerai à ce propos le tournoi de France en 2003 et de Tunisie en 2008 que j'ai remporté.
- Vous avez fait état d'une équipe nationale sans moyens, expliquez-vous…
- L'équipe nationale a raté plusieurs participations à des compétitions internationales d'envergure faute de moyens. Il y a un grand problème sur ce plan en matière d'argent pour la billetterie et la prise en charge des athlètes. C'est d'ailleurs la raison essentielle de notre absence aux prochains jeux olympiques de Pékin qui verra l'introduction du Kung Fu dans la famille des sports olympiques. Le MJS a rejeté le dossier présenté par notre fédération à cause du retard enregistré.
- Actuellement vous vous entraînez dans quel club ?
- Je vais peut être vous étonner en vous disant que je suis athlète de l'EN mais sans club. Depuis que j'ai eu mon BAC je suis à Alger pour poursuivre mes études universitaires ce qui m'empêche de m'entraîner avec mon ancien club. Je m'entraîne seule à la cité universitaire à l'approche des compétitions, c'est tout. Je ne dispose même pas d'une salle et encore moins de moyens matériels. Pour vous dire avant de partir en Tunisie je me suis préparée pendant seulement un mois en solitaire. D'ailleurs je prépare le championnat d'Afrique qui va se tenir en Libye dans les mêmes conditions.
- Un dernier mot ?
- Je demande aux responsables de notre sport de nous aider afin d'améliorer notre niveau et réaliser des performances qui puissent honorer notre pays sur la scène internationale. Mon souhait est de prendre part aux championnats du monde.
Entretien réalisé par K. R-V |