Blog à part 

Immersion

Non, rien à voir avec le jeu des chaises musicales, on aurait plutôt envie de pleurer.

Nous prêtions l'oreille sans vraiment le vouloir, l'autre matin, en entendant des universitaires débattre sur le thème " relations entre l'université et le monde du travail " o.k c'est bien de remettre la question au goût du jour. Nous ne parlerons pas du retard pris à le faire et du manque à gagner incommensurable que cette carence aura coûté au pays, et pas uniquement en argent. Nous entendîmes un intervenant dire à juste raison que l'immersion des étudiants dans le milieu industriel, si dérisoire soit-il, avait quelque retard. Dommage ! Surtout que le nouveau système pour lequel notre université a opté, le fameux LMD (licence, master, doctorat) est sanctionné par des diplômes professionnalisant. Alors messieurs les décideurs il faut accrocher les wagons du train Algérie.

Fut pourtant un temps où les enseignants menaient leurs élèves, tant du primaire que du secondaire, visiter des institutions, des entreprises, afin de les familiariser dès leur jeune âge au monde des services et aux processus de production vous voyez les enfants, tout ne tombe pas tout cuit du ciel, il faut fabriquer ce dont on a besoin et pour ce faire, il faut commencer par l'école ". C'était le bon temps, il n'y a pas si longtemps en fait, où chacun y mettait du sien, prenant sur lui pour transmettre aux enfants et aux adolescents un savoir que seule l'école n'était pas en mesure de leur fournir.

Nos écoles se sont sédentarisées. C'est le repli sur soi d'établissements scolaires dont les chefs ont fini par oublier la grandeur de leur mission et leur " devoir d'initiatives " envers leurs élèves et pour le plus grand bénéfice de tous. Il reste encore quelques " originaux " qui persévèrent à déplacer leurs classes, ce qui n'est pas évident, pour élargir l'horizon de connaissances de chacun et susciter des vocations, mais ce n'est pas toujours du goût de leurs collègues enclins davantage à se calfeutrer dans leurs bureaux-cocons.

Quant aux responsables régionaux de l'éducation nationale ne pourraient-ils pas se décarcasser davantage afin d'ouvrir certaines portes aux élèves, forcer un peu la main aux enseignants, les uns n'osant franchir le pas ne demandant pas mieux, les autres s'obstinant dans une attitude de refus qui ne les honore pas " on n'est pas payés pour ! ". Ceux-là ont perdu le sens des réalités. Ils se comportent davantage en ronds de cuir qu'en pédagogues. On a bien fermé les yeux, il y a si peu encore, sur une certaine ouverture de l'école, en fait un abîme en fait, qui l'engloutissait pour la livrer pieds et poings liés à un totalitarisme suicidaire. Hors la soumission " No future ! " pour la société, c'était le message écrit en lettres de sang.

L'école, tous cycles confondus, n'a qu'un but, préparer l'avenir et s'adapter aux grandes évolutions scientifiques et technologiques, en ne perdant jamais de vue sa culture et ses valeurs authentiques. Point à la ligne.

Une fois pour toute, l'école est un patrimoine commun, à ce titre elle doit s'immerger dans le tissu social, culturel et économique, autant pour donner que pour recevoir, c'est son unique vocation. Le reste n'est que vaines et coupables manipulations.

A propos d'école toujours, nous ajouterons notre grain de sel, pour évoquer un CEM. Il a pour nom Fatima Hadj Ahmed et se situe à Hydra, mais il est plus connu sous le nom des "Crêtes". Dans cet établissement, apparemment, rien ne va plus quand, dès le matin les élèves au lieu de s'installer sereinement en classe, l'esprit tout à l'étude, sont contraints de foncer comme des dingues pour récupérer une chaise qui tienne debout. Non, rien à voir avec le jeu des chaises musicales, on aurait plutôt envie de pleurer. Les parents ne sont pas contents, mais pas contents du tout. Il arrive qu'un T-shirt, une chemise soit déchirés, qu'un tricot soit démaillé parce que la chaise présente une aspérité aussi coupante qu'une lame. Comment, dans de telles conditions, les jeunes peuvent-ils ne pas stresser ? I have a dream! disait Martin

Luther King, nous aussi parents d'élèves, we have a dream, c'est celui de vouloir ce qui se fait de mieux pour nos enfants.


 Kamal Zemouri

Retour