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à part
Si le sage demeure
silencieux, c’est qu’il sait que la bougie se consume par la mèche.
ON ECRIT des bouquins, on s’échine à trouver, tant que faire se peut,
pour l’offrir aux lecteurs, de l’originalité, afin de rompre avec une
littérature langue de bois ! Oui, ça existe la littérature langue de
bois, et si on la qualifie de littérature ce n’est certainement pas pour
la gratifier de quoi que ce soit,
mais parce qu’elle se présente sous forme de bouquins, avec une
compilation de textes ressassés par d’autres et, en général, une
couverture et une tranche attrayantes. Les « oeuvres » de Kim Il Sung
dans une bibliothèque, ça fait un effet terrible ! Combien d’ouvrages
ont-ils été édités sur l’Emir Abdelkader, sans pour autant avoir donné
un éclairage nouveau à l’histoire, ou sur le séisme de Chlef. N’est pas
auteur ou romancier, qui veut. On ne mesure pas le talent au nombre de
pages publiées. A côté, heureusement pour nous, il y a de vrais ouvrages
littéraires, lesquels mériteraient mieux que la terrible ingratitude des
éditeurs qui ne se fatiguent pas trop, parfois pas du tout, afin de
faire la publicité autour des nouveaux titres et d’assurer la
distribution de leur produit, car le livre est un produit, certes noble,
mais un produit tout de même, dont il faut assurer la promotion. Puis il
y a l’ingratitude du lecteur devenu paresseux, lequel préfère zapper sur
sa télé, prendre des raccourcis – le phénomène étant universel - afin
d’enrichir sa culture sans se soucier de belles lettres, celles-ci ne
manquant pas dans notre pays. La relève est assurée, on peut l’affirmer
haut et fort. Autre chose encore, un même ouvrage recevrait une
distinction différente, selon qu’il ait été publié chez nous ou à
l’étranger, par une maison d’édition parisienne ou même provinciale. Le
constat est affligeant ! Serions-nous à ce point colonisés du bulbe ?
Malgré un manque notoire de reconnaissance, Nous les romanciers
continueront de remplir nos pages (ou écrans) blanches de nos narrations
en ne pensant qu’au seul lecteur, qu’il n y en ait qu’un, qu’il y en ait
des centaines de milliers, nous écrirons pour demain et, plus tard, le
récit deviendra témoignage d’une époque ou l’homme de lettres valait
moins qu’un marchand de légumes.
FALSAFA. Alors que dire des philosophes ? Un homme sage voilà ce qu’est
un philosophe. Alors disons qu’ils ont subi un sérieux écrémage. S’il
faut renouer avec le roman, cela est aussi vrai pour la philosophie.
Pour les mêmes raisons. Pour quelles raisons au fait ? On a oublié de le
dire dans le couplet précédent. L’homme a bien besoin de se réconcilier,
d’abord avec lui-même, ensuite avec les autres. Pourquoi le terme «
couplet » parce que tout cela pourrait être mis en musique, un bon rap
ou un percutant slam feraient l’affaire. Bien, revenons maintenant à la
philosophie. C’est quoi la philo ? Des définitions y en a des masses,
presque autant que d’individus qui savent se servir de leurs méninges,
sur la terre, chinois compris. Et eux, croyez-nous, la philo ils savent
de quoi il en retourne. Les Arabes aussi, qui ont donné à la
civilisation universelle, soit celle qu’aujourd’hui se sont accaparés
les Occidentaux, des tonnes d’écrits lesquels ont, par ricochets,
influencés d’autres philosophes. Même topo pour la sociologie dont on
dit qu’Auguste Comte est le père. Complètement faux ! Arabes, Perses,
Chinois et on en passe, avaient leurs tablettes de sociologie, de
philosophie quant ils n’étaient pas astronomes et mathématiciens. Mais
trêve de billevesée, pourquoi tout ce discours autour de la philo ? Tout
bonnement, pour nous interroger sur la place de la réflexion philosophie
dans l’Algérie de 2008. Nous ne parlons pas de l’enseignement de la
philo à l’université. Voilà ce qu’il nous importe de savoir : en prenant
comme postulat qu’on peut philosopher des heures sans le savoir, qu’est
devenue la proverbiale sagesse toute philosophique de nos aînés ?
Certains préféreront parler de sagesse paysanne, ils n’ont pas tort.
MINIMOMES. Ceci dit, nous nous sommes posé la question de savoir si l’on
pouvait enseigner la philo à des enfants du primaire. On en voit qui se
torde de rire. Ils ont tort et ne savent pas grand-chose des enfants. Si
la philo se nourrit d’un incessant questionnement, alors avec les
enfants ce n’est pas demain que l’on signera son acte de décès. Pourtant
chez nous, il faut nous porter à son chevet et faire les transfusions
utiles. Faire de la philo avec des gosses c’est parler avec eux tout en
cadrant la discussion, afin qu’elle soit non seulement féconde mais
structurante. Bien entendu, il faudra s’attacher à des thèmes les
concernant afin de maintenir éveillé leur intérêt et ce n’est que plus
tard, bien plus tard qu’on leur apprendra qu’ils faisaient de la
philosophie. Il n’y a pas de petits débats.
LE DEVOIR DE RESERVE est sans doute un thème où l’on peut philosopher.
En question le limogeage, au quart de tour, d’un sous préfet français M.
Guigue, à la suite de la publication sur le site Internet Oumma.com
d’une tribune critiquant la politique israélienne. Dans ce texte, publié
le 13 mars dernier, sous le titre « Quand le lobby pro israélien se
déchaîne contre l’ONU », M. Guigue estimait notamment qu’Israël est « le
seul Etat au monde dont les snipers abattent des fillettes à la sortie
des écoles ». M.Guigue a également évoqué les « geôles israéliennes, où
grâce à la loi religieuse, on s’interrompt de torturer durant le
"shabbat" Sur ce site Internet des musulmans de France, on pouvait lire
cette réaction « la sanction qui le frappe nous montre à l’envi que
l’usage d’une saine critique ne peut s’exercer équitablement en France
». Le crime du sous préfet mérite la double peine (on ironise
bien sûr) puisque non seulement il commet le crime majeur de s’en
prendre à l’état israélien, mais
qu’il pousse l’outrecuidance à le faire le sur un site où internautes et
bloggeurs sont, majoritairement,
musulmans. On ne dit pas de M.Guigue qu’il est antisémite, mais c’est
tout comme. Alors que dire aussi de ces courageux citoyens israéliens du
mouvement «Peace now » qui bravent régulièrement, pathétiquement, l’ire
de leurs compatriotes hyper formatés pour l’agression permanente,
seraient-ils aussi à classer au rang d’épouvantables antisémites ? Le
seul à trouver grâce en Israël se nomme Ygal Amir, c’est l’homme qui a
assassiné la paix en tirant une balle dans le dos d’un 1er ministre
Israélien décidé à faire la paix et reconnaître les droits du peuple
palestinien, Itzhak Rabbin. On comprend que les Français qui ont fait la
chasse aux Juifs, sous Vichy, aient des problèmes de conscience
mais critiquer la politique de l’état israélien c’est autre chose, cela
n’a rien à voir avec ce qui s’est
passé durant la seconde guerre mondiale. Le sous préfet de Saintes a
donné une opinion, partagée du reste par beaucoup de monde, et il est à
se demander ce qu’il en aurait été si ces propos avaient visé un autre
pays, la Chine, la Turquie, l’Iran, par exemple. Est-ce que la réaction
du gouvernement français aurait été aussi dure et instantanée. Un peu de
sagesse philosophique ne ferait pas de mal dans cette affaire qui n’en
n’est pas vraiment une. Le gouvernement français qui reproche,
régulièrement,
à Israël ses « ripostes disproportionnées » devrait s’entendre à
s’appliquer ce conseil à lui-même.
A propos du Tibet, le président français à demandé aux Chinois de «
faire preuve de retenue » On n’en
sort pas !
SUITE ET PAS FIN. Là aussi, il ne faut pas trop se prendre la tête.
Jean-Marie Bockel, ministre français de la coopération, pièce rapportée
de gauche, a été limogé, pour rassurer des chefs d’Etats africains
révoltés par sa croisade contre la Françafrique. Pour certains d’entre
eux, il était devenu
l’homme à abattre depuis le discours «de rupture» qu’il prononça lors de
ses vœux le 15 janvier avec, croyait-il, la bénédiction de l’Elysée. Il
y dénonçait «le gaspillage des fonds publics, l’incurie de structures
administratives défaillantes, la prédation de certains dirigeants». Et
se promettait, grâce à
Sarkozy, de pouvoir bientôt signer «l’acte de décès de la Françafrique».
Se sentant visé, le président gabonais Omar Bongo avait bombardé
l’Elysée de protestations. La semaine dernière, le même Bongo faisait
savoir qu’il se réjouissait du départ de Bockel, qualifiant la décision
de «signe intéressant». Bockel, lui, a affirmé jeudi «ne pas retirer un
mot» de ce qu’il avait pu dire sur les relations entre la France et les
régimes africains. Puis, il y a eu, entre temps, la goutte qui a fait
déborder le vase avec un reportage diffusé par la chaîne publique France
2, faisant état du patrimoine immobilier du président gabonais à Paris,
soit un hôtel particulier et 33 appartements et maisons. Sa diffusion,
au 20 heures, a mis le feu aux poudres entre Libreville et Paris. On
croyait, parce qu’on l’entendait annoncé dans les plus hautes sphères
françaises, que les Foccart, Poniatowski, Mitterrand fils et Pasqua and
Co, c’en était bien fini. Un nouveau nom vient d’apparaître, celui d’un
avocat, un certain Robert Bourgi, qui a autant ses entrées à l’Elysée
que dans les palais de certains despotes africains, et c’est lui qui
aurait été à l’origine de toute cette affaire. Tout le monde était
pourtant bien convaincu que ces moeurs qui n’étaient pas à l’honneur du
pays des droits de l’homme, on allait enfin tirer un trait dessus.
L’éviction de ce ministre contredit le discours. On peut vouloir imiter
les américains c’est une chose, mais imiter Bush et son équipe en est
une toute autre.
Kamal Zemouri |