Equipe nationale de football
Les Verts, une équipe de la
banlieue parisienne ?
C'EST LA QUESTION QUE SE POSE BON NOMBRE D'ALGÉRIENS après la sortie
de la bande à Rabah Saadane face à l'équipe de la République
Démocratique du Congo. L'EN a évolué dans un
stade de quartier. C'est une autre insulte au football national et
surtout aux couleurs nationales. Cette équipe, le staff technique et la
FAF ont tendance à l'oublier, porte les couleurs du pays. Des clubs
comme l'USMA et la JSK qui ont des traditions dans la préparation
d'intersaison en France évoluent dans des stades plus huppés. Mais
quelle mouche a piqué le staff technique pour accepter de brader
cette équipe ? Après le limogeage de Cavalli, on s'attendait à voir la
politique adoptée jusque là dans la gestion de l'EN remise en cause. Au
grand dam des fans des " verts ", il n'en fût rien. Saadane a répercuté
dans son plan d'action les mêmes tares. Mais pourquoi donc ? Il est
évident qu'un séjour dans la ville des lumières, Paris, est plus "
important " pour le staff technique et les membres de cette honorable
FAF qu'un "crochet" par Annaba ou Tlemcen ou même Béjaïa. L'entraîneur
national qui ne cesse de critiquer les stades algériens doit savoir
qu'ils ne sont pas pire que celui dans lequel a évolué "
son " équipe. Sachant que l'EN sera forcée d'évoluer à Alger, Blida,
Annaba ou Bejaia et non à Nanterre ou Goussainville. En déplacement
cette EN sera appelée à évoluer sur les pelouses africaines
avec toutes leurs " spécificités ". Saadane doit revoir sa copie avant
qu'il ne soit trop tard. Il s'est donné tant de mal pour régler la
question des primes et indemnités, il lui est demandé de s'atteler
sérieusement
à sa mission : bâtir une équipe capable de se qualifier au Mondial 2010.
Mais pour ce faire, il est préférable de changer de stratégie. Ce n'est
pas une bonne idée que de déplacer le cadre naturel
des " verts " en France. Il s'agit de l'équipe d'Algérie, même si sa
composante est constituée dans sa majorité de joueurs évoluant dans les
championnats européens. Il ne s'agit pas de convoquer l'EN
en France mais de convoquer les joueurs évoluant en France et ailleurs
en Algérie. On a fait déplacer l'EN en France comme s'il s'agissait d'un
club. Et là encore un président comme Hannachi ou Allik
se seraient débrouillés avec leurs relations de trouver un cadre idéal à
la hauteur du standing de leurs équipes. D'ailleurs, le président de la
JSK l'a laissé entendre en offrant ses services au cas où ceux qui
sont chargés de le faire parmi les membres du bureau de la FAF s'avèrent
incompétents. Même le patron de l'Aso, Medouar, a critiqué cette
situation qui met à mal l'image de l'EN au moment où il est
question de " redressement ". La formule préconisée par Cavalli et
reprise par le Cheikh Saadane est d'abord coûteuse et inutile. Il faut
bien le dire, l'EN redémarre sur une fausse note. On a trop focalisé
le débat, au sein de cette équipe, sur l'aspect financier. Oubliant au
passage que le football se joue avec les pieds et la tête et non pas
avec des poches pleines. L'argent n'a jamais fait une équipe. Il n'y a
qu'à voir l'état de notre championnat local gangrené par la fameuse "chkara"
et autres "cabas". Messieurs de la FAF rendez nous notre EN de football
et gardez pour vous les mercenaires et autres chercheurs de fortunes. A
ce prix, et pour un tel résultat, nous préférons voir évoluer sur nos
stades, des joueurs bien de chez nous. Ils ne feront pas pire. Ce n'est
pas une blague belge : On convoque l'EN en
France au lieu de convoquer les joueurs pros en Algérie.
K. R-V |