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Grand
Moyen Orient, Processus de Barcelone dit Euromed et maintenant Union
pour la Méditerranée, Marchés de dupes ? À quelle sauce allons-nous être accommodés ? On nous veut du bien. Alors autant ne pas bouder notre plaisir, néanmoins le scepticisme doit demeurer le principe cardinal dans ces conjonctures particulières, où se manifestent autant de volontés de vouloir exercer des tutorats sur nos destins. À quelle sauce allons-nous être accommodés : GMO à la mode Bush, ou UPM (à ne pas confondre avec UMP, bien que…) comme prévu dans le plan du fougueux Sarkozy, bien que revu et corrigé par Merkel ? Laquelle des deux tambouilles politiques l’emportera. Il s’agit bien d’une compétition entre Américains et Européens et ces derniers à la faveur de la fin de mandat de l’administration Bush, ont une longueur d’avance. Mais rien n’est vraiment joué, du moins pas encore. Que fera le prochain locataire de la Maison Blanche, qu’il soit républicain ou démocrate, et que feront les Français en juillet quand ils assureront la présidence tournante de l’Union européenne ? Enfin les principaux intéressés, échaudés par l’expérience de Barcelone, s’ils ne disent mot, pour le moment, n’ont rien consenti, qu’il s’agisse du projet américain ou européen. Observant un placide wait and see, ils savent que rien n’est plié et que la présidence française, dans un peu plus de trois mois, de l’Union européenne pourrait modifier le jeu. Les Occidentaux étant d’incurables récidivistes, leur sincérité et l’esprit d’ouverture affirmé par le discours, se mesureront à l’aune de leurs propositions, du fond et de la forme que prendra le projet. La concurrence s’annonce rude entre alliés. Après le sommet germano-français de Hanovre, l’Europe a pris le relais mettant à profit la mauvaise passe d’une Amérique au creux de la vague, à deux doigts d’un krach financier, et tout entière tournée vers les élections à l’investiture pour la présidentielle ? Partenariat ou Marchés de dupes ? Qu’en sera-t-il de cette énième configuration d’un « croissant fertile » difforme et étiré aux extrémités, s’étendant d’Ouest et Est. L’Union pour la Méditerranée, dernier patronyme en date du projet, n’est pas un cas unique en matière d’ensemble régionaux. En outre, ceux-ci se distinguent par leur caractère protéiforme, les dynamiques structurantes et les motivations n’étant pas identiques d’une région à une autre. Ajoutons que le fait d’accoler deux épithètes telles que « grand » et « moyen » est proprement ridicule, on est l’un ou l’autre jamais les deux à la fois. D’abord un peu d’histoire afin de rappeler ce que fut le processus de Barcelone ou Euromed, dont on fit si grand tapage. Les 27 et 28 novembre 1995, à Barcelone, 12 pays méditerranéens (Algérie, Maroc, Tunisie, Turquie, Chypre, Malte, Egypte, Jordanie, Israël, Palestine, Liban et Syrie) font leur entrée dans le partenariat Euromed. A l’instar de ce genre d’accord, celui-ci présente la particularité est d’être complet aussi bien géographiquement que thématiquement : il comprend un volet économique ainsi que des volets politique, social et culturel. Tout nouveau tout beau. Sept années plus tard, à Naples, les ministres européens des Affaires étrangères reconnaissaient l’évidence que « le processus d’élargissement de l’UE, d’une part et la situation actuelle au Moyen-Orient, d’autre part, suscitaient une grande demande d’Europe sur les rives méridionales et orientales de la Méditerranée » Pour le détail du contenu, voici ce qu’il en était : l’objectif du volet politique et de sécurité était de définir un espace commun de paix et de stabilité, et surtout de contribuer à la résolution du conflit israélo-palestinien. Un volet social, culturel et humain se proposait de favoriser la compréhension entre les cultures et les échanges entre les sociétés civiles. Ce volet se déclinait autour de trois programmes : Euromed Audiovisuel, Euromed Héritage, Euromed Jeunesse. Quant à l’essentiel, le volet économique et financier devait conduire à la mise en place d’une zone de libre-échange à l’échéance 2010. Autre caractéristique du processus de Barcelone, sa lenteur. La mise en place du partenariat est progressive. L’outil principal est l’accord d’association. Cet accord est bi multilatéral : ce barbarisme étymologique s’explique par le fait que chaque pays participant doit négocier avec tous les pays de l’Union européenne. Cela crée des lenteurs : il faut de trois à cinq ans pour l’entrée en vigueur d’un accord. En effet, chaque accord signé doit être ratifié par le Parlement européen et les 16 parlements nationaux. A ce jour, la Tunisie, le Maroc, Israël et la Jordanie et, provisoirement, avec l’Autorité palestinienne et le Liban ont signé un accord d’association qui est entré en vigueur. Le Parlement européen a ratifié un important accord avec l’Algérie le 10 octobre 2002. Afin de financer ses programmes, Euromed s’est doté, dès 1995, d’un instrument financier, le Meda, dont les dépenses se sont chiffrées, pour la période 1995/2001, à 5 milliards d’euros et pour la phase allant jusque 2006, à 5,3 milliards. Où une telle démarche pouvaient-elle mener les pays « bénéficiaires » des fonds d’Euromed ? Sinon à une multiplication de marchés captifs et à une dépendance plus forte du Sud au Nord. C’est pour dire leur fait aux Européens que la voix de l’Algérie s’est faite entendre à maintes reprises en annonçant que l’on ne pourrait continuer à se confiner dans une relation réduite en définitive, à « une Europe bailleur de fonds et une partie Sud récipiendaire et assistée » de ces fonds, d'où, la nécessité d'un « signal fort » pour la visibilité du processus. S'appuyant sur un bilan peu reluisant du partenariat euro méditerranéen, près de dix ans après le lancement du processus politique, l’Algérie, par la voix de son ministre des affaires étrangères, appelait à l'organisation d'une conférence euro méditerranéenne de haut niveau consacrée exclusivement au développement, pour donner au partenariat en question une plate-forme novatrice. Pour la partie algérienne, il est pour « pour le moins paradoxal » qu'une entreprise visant « l'instauration d'une vaste zone de libre-échange et d'une prospérité partagée, n'ait consacré à la question du développement, en onze années d'existence, aucune rencontre de niveau ministériel ». D'ailleurs, beaucoup d'observateurs, en abondant dans le même sens que l’Algérie, ont noté que ce partenariat a singulièrement concerné des thèmes allant dans le sens des intérêts du versant nord de la Méditerranée, telle la coopération dans le domaine de la lutte antiterroriste et contre l'immigration clandestine. En effet, les pays de la rive sud (uniquement ceux ayant accepté de sous-traiter la délicate question de l’immigration clandestine vers l’Europe) se plaignent de ne pas avoir eu droit à la contrepartie compensatoire induite par cette collaboration laquelle, dans sa globalité, a beaucoup plus profité à l'Europe. C'est ce déséquilibre de la balance des relations qui, apparemment, a amené l'Algérie à réclamer davantage d'équité dans la configuration des rapports nord-sud. Sans être négatif dans son intégralité, disons que le bilan d’Euromed n’est pas davantage globalement positif. Puis vint l’étonnant projet de Grand Moyen Orient concocté par les ultra conservateurs de la Maison Blanche. À défaut d’avoir pu prouver l’existence d’armes de destruction massive en Irak, l’administration Bush a trouvé une raison de substitution avec l’idée d’un GMO, qui s’étendrait du Maroc à l’Afghanistan. Un choix curieux parce qu’arbitraire pour les uns, d’une logique stratégique évidente pour les autres, ses promoteurs d’abord et ensuite leurs alliés inconditionnels, tel qu’Israël. Nombreux sont les observateurs et politologues à faire remarquer que « la formule telle que définie par Washington, correspond à un découpage régional d’un point de vue stratégique strictement états-unien, niant les réalités historiques, culturelles, sociales, politiques ou économiques qui fondent les découpages régionaux en général ». Nous revoilà plongés dans une logique à la Sykes-Picot, source des tous les drames ayant mis à feu et à sang le Moyen-Orient. Ce découpage, voulu et décidé par Washington, l’unilatéralisme US étant devenu une constante dans les relations internationales, est calqué sur la zone de propagation de l’intégrisme islamique hostile aux Etats-Unis. Voilà pour l’explication. C’est donc au nom de la « guerre contre le terrorisme » déclarée par l’administration Bush au lendemain du 11 septembre 2001, que les Américains souhaitent contrôler, par despotes interposés, cette vaste région. Les pays de l’ex-zone soviétique n’ont pas été inclus afin de ne pas froisser Moscou, mais Russes pas plus que Chinois, ne sont dupes. Le reste du sous-continent indien non plus, afin de ne pas froisser New Delhi. Cependant, le projet U.S n’est pas dénué de calculs stratégiques à long terme, car n’oublions pas qu’à partir de cette région qui s’étend du Maghreb à l’Asie, c’est deux continents et non des moindres qui seraient enserrés par l’aigle U.S, pas prêts de lâcher sa proie pour le cas où il arriverait à ses fins. Le projet de « Grand Moyen-Orient » a pour principal objectif de renforcer l’emprise des Etats-Unis sur l’ensemble de cet espace géopolitique : sur son pétrole, sur ses marchés, et donc sur ses régimes. L’installation de bases militaires est un élément essentiel de cette stratégie. Le soi-disant « clash des civilisations », qui a son épicentre dans la région, et la lutte contre le terrorisme, constituent autant d’alibis pour la reconquête néocoloniale des pays de la région, et, au-delà, de l’Afrique et de l’Asie. Faisant d’une pierre deux coups, Washington joue au chevalier blanc au nom d’une nouvelle version de la « mission civilisatrice » de l’époque coloniale. Robespierre disait en son temps que « les peuples n’aiment pas les missionnaires armés ». Mais pour Bush et ses faucons, tout est licite à partir du moment où l’on juge que les intérêts de l’oncle Sam sont dans le rouge. Si cela n’est pas de l’intégrisme qu’est-ce donc ? Après 600 milliards de dollars et 4000 soldats restés sur le carreau, un nombre important de suicides et tutti quanti, le projet de GMO semble avoir été mis sous le coude. Après un Euromed voué à l’échec et une problématique GMO, voilà que se profile l’Union méditerranéenne, idée énoncée par le président français Nicolas Sarkozy. Pour lui : seuls les riverains, latins et grecs, devaient être concernés. On se croirait revenu à l’âge antique, mais il est vrai que la géographie est restée la même, qu’elle impose ses règles, dicte les alliances et a, toujours, le dernier mot. La vision française proposait au départ de rassembler les pays de « l’anneau méditerranéen » constitué par l’Algérie, Chypre, l’Égypte, la France, la Grèce, Israël, l’Italie, la Jordanie, le Liban, la Libye, Malte, le Maroc, la Palestine, le Portugal, l’Espagne, la Syrie, la Tunisie et la Turquie - au sein d’une organisation politique et économique avec des organes dirigeants, notamment un conseil, une présidence tournante et des sommets réguliers. Elle constituerait un forum de coopération en vue de régler les problèmes régionaux, de développer la coopération économique et commerciale, de lutter contre le terrorisme, de résoudre les problèmes d’immigration, etc., autrement dit, de jeter des ponts entre l’Europe, l’Afrique et le Proche-Orient. Comme de bien entendu, c’est Paris qui aurait régenté, non sans souplesse, ce qui s’apparente à un vieux rêve napoléonien. Tout le monde au sein de l’UE ne l’entendit pas de cette oreille. Les Anglo-saxons, pas contents du tout, ont vu dans cette annonce présentée quasiment comme un fait accompli, une sorte de partage des zones d’influence ? L’Est pour les uns, le Sud pour les autres. Pour nous autres au Sud, pas question d’un Barcelone bis. Après que le torchon ait longtemps brûlé entre eux, Paris et Berlin semblent avoir retrouvé leurs marques dans cette affaire, mais les autres attendent, les jeux ne sont pas vraiment faits. Pour les Européens, il était clair que Nicolas Sarkozy cherchait à « tirer à lui » toute la Méditerranée et qu’il prévoyait de doubler, voire même de remplacer de nombreuses institutions de l’UE par celles de la nouvelle organisation. C’est alors que le président français a senti souffler un vent froid venu de la Baltique. Angela Merkel fut la première à monter au créneau, en déclarant que Berlin n’admettrait pas un tel scénario et ne permettrait pas que les fonds de l’Union européenne soient dépensés pour la création d’une organisation dans laquelle l’Allemagne ne serait pas admise, pas plus que la plupart des membres de l’UE. De plus murmurait-on dans les coulisses de l’Union européenne, ce projet met en danger l’équilibre difficilement assuré depuis la fin de la Seconde guerre mondiale ! Pas moins que cela. La chancelière allemande Angela Merkel a finalement donné, le 3 mars à Hanovre au terme d’âpres discussions, on s’en doute, avec le président français, son feu vert pour la mise en place de cette union. Soit un projet revu et corrigé par la partie Allemande. Lors du dernier du Conseil européen de Bruxelles, le chef de l’Etat français fait preuve d’un optimisme surprenant quant il explique qu’il vient, une nouvelle fois, d’engranger un éclatant succès avec son projet d’Union pour la Méditerranée. «C’est la troisième initiative française, après le traité simplifié, après le groupe des sages (chargé de réfléchir à l’avenir de l’Europe) qui rassemble un très large consensus en Europe. C’est une très bonne nouvelle.» En fait, Sarkozy fait contre mauvaise fortune bon cœur. Il vient de se prendre un sacré coup d’éventail. "Nous sommes d'accord pour que ce soit un projet de l'Union européenne", soulignait pour l’occasion la chancelière allemande. Celle-ci, en dame de fer, a également insisté pour que l’idée de Nicolas Sarkozy s’inscrive dans le prolongement du processus de Barcelone, à savoir le dialogue euro méditerranéen, aujourd’hui au point mort, qui rappelons le, regroupe tous les pays riverains de la Méditerranée et tous les pays de l’UE. Les experts hors-UE expliquent cet échec par l’implication de la totalité de l’immense machine bureaucratique de Bruxelles, notamment de pays qui estimaient n’avoir aucun intérêt à participer à un processus se déroulant à mille lieues de leurs intérêts nationaux. On ne sait rien d’une possible évolution de cet état d’esprit. L’Union pour la Méditerranée, l’UPM, sera le nom de ce projet d’un grand ensemble régional amarré à un autre ensemble continental en construction. Mais déjà, avant que le projet ne soit ficelé, des couacs se font entendre, à l’exemple de la Turquie qui refuse d’adhérer à l’Union méditerranéenne, bien que le président français l’y ait tout particulièrement invitée et considère ce pays comme l’un des fondements de la future organisation. Les officiels turcs raillent les initiatives de Nicolas Sarkozy, qualifiant de "Club Med" la nouvelle structure proposée. Ankara comprend parfaitement que Nicolas Sarkozy cherche à offrir, au lieu de l’appartenance à l’UE à laquelle aspire le pays, la participation à une Union méditerranéenne inconsistante. La Libye refuse également d’adhérer à la future organisation, affirmant que celle-ci serait « une arme qui détruirait l’unité des pays du Maghreb ». Il va de soi que sans ces pays, l’union sera quelque peu « tronquée ». Le Liban et la Syrie ont aussi manifesté leurs réserves.
Quelle analyse les
politologues et les observateurs européens font-ils de cette nouvelle
donne créée par les Français, qui ne s’attendaient certes pas à une
telle levée de boucliers ? Pour eux « La réflexion sur la cohésion du
bassin de vie méditerranéen, l’intégration aux institutions européennes
existantes, l’adaptation à la spécificité du pourtour méditerranéen et
au développement d’une région euro méditerranéenne prospère et sereine,
avec en filigrane la poursuite du projet de zone de libre échange en
Méditerranée à l’horizon 2010, mérite cette ambition. Une telle prise en
compte de la Méditerranée, dans sa réalité africaine, européenne et
asiatique, sous forme d’un lieu d’échanges, de débats et de coordination
de l’aide au co-développement liant les pays du Machreck-Maghreb,
concrétiserait aussi un espace de dialogue manquant entre pays arabes et
Israël. »
Des regroupements régionaux…
Il est de l'intérêt des pays de se
regrouper au sein d’ensembles économiques ou monétaires, par exemple de
libre-échange, pour favoriser leur développement économique. La
mondialisation et la régionalisation se sont développées depuis la fin
de la décennie quatre-vingt et durant la décennie quatre-vingt-dix :
Union européenne, Mercosur (marché commun sud américain), CEI (
Communauté des États indépendants sous tutelle russe ) CAN (Pacte des 4
pays andins), CARICOM (communauté du bassin des caraïbes), ALENA
(accords de libre échange nord américain, Canada, Etats-Unis et
Mexique), ALALE (Association latino-américaine de libre échange) ANASE
(association des nations de l’Asie du sud-est), SADC (communauté pour
le développement de l’Afrique australe) l’Union africaine, et la morte
née UMA . Cette dimension nouvelle des relations économiques
internationales concerne l’ensemble des grandes régions du monde :
Europe, Amérique du Nord, Amérique Latine, Asie et Afrique. Il serait
plus rigoureux de parler d’un renouveau de regroupements régionaux
puisque, durant les années soixante et soixante-dix, une première série
d’expériences d’intégration régionale s’est réalisée. Ces regroupements
avaient pour objectif de contrebalancer l’intégration économique
européenne et d’offrir à leurs participants un poids plus important dans
les négociations commerciales internationales (GATT). Mais un certain
nombre de ces expériences sont tombées en désuétude et ont été
remplacées ou modifiées, ultérieurement. La principale explication
économique de la non-effectivité de ces accords est que la plupart
d’entre eux liaient des pays en développement, qui menaient des
politiques autocentrées peu compatibles avec un objectif d’intégration
régionale. C’est pourquoi nous assistons, ces dernières années, à un
renouveau des regroupements régionaux. Pour une bonne raison d’abord :
l’ordre économique mis en place au lendemain de la Seconde guerre
mondiale ne répond plus aux nouveaux enjeux. Autre phénomène,
l’émergence de nouveaux pays industrialisés et leur relative similarité
économique permettent d’envisager le renforcement de leur intégration à
l’échelle régionale. Motif aisé à comprendre : la fin du bipolarisme
suscite l’émergence de nouveaux pôles régionaux, ne serait-ce que par
l’effet de la géographie et de la dimension naturelle des échanges. La
conversion de pays à l’économie de marché et à des politiques
extraverties (qui ne corresponde pas forcément à une ouverture
démocratique intra-muros) constitue également des forces d’entraînement
à la constitution de blocs régionaux. Quant à nous, Algériens il reste
à nous demander ceci : les maghrébins vont-ils exhumer leur ambitieux
projet d’Union du Maghreb Arabe, prématurément trépassé ? L’UMA souleva
en sont temps un fol espoir, celui de voir scellé, comme il le fut
depuis l’Antiquité, le destin des peuples de la région. La frustration
demeure profonde face à des dirigeants bien en peine de trouver le plus
petit commun dénominateur, pour ne serait-ce qu’un début de
concrétisation de cette grande ambition qui ne répond pas qu’à des
considérations économiques, mais également affectives. Le plan Eisenhower boosté On parle beaucoup de l’american way of life, mais rarement de la strategic way de l’oncle Sam, et pourtant elle existe bel et bien. Ces quelques éléments nous aideront à mieux saisir la finalité du projet bushien, lequel en fait, a été retiré des cartons et a subi un lifting de mise. Le célèbre plan d’Eisenhower visant à combler le vide occasionné au Moyen-Orient par le déclin des empires français et britannique était, à l’époque, un plan relativement réaliste en termes de relations politiques et internationales. Combler le vide, c’est ce que désirent les puissances quand d’autres puissances se retirent, laissant le vide derrière elles. Mais une petite zone géographique comme le Moyen-Orient est une chose, et le monde dans son ensemble en est une autre. Cette politique, de comblement du vide, réactivée par les Américains après la chute de l’Union soviétique est généralement qualifiée en termes politico stratégiques de « siècle américain ». Cette expression implique de toute évidence que le 21ème siècle sera américain dans tout le sens du terme : hégémonie militaire, économique, culturelle, etc. Comme chacun sait, l’archipel du vide créé par la chute de l’Union soviétique, et de l’ordre socialiste, s’étend de la mer baltique à l’Europe de l’Est et à l’Europe Centrale, aux Balkans, au Moyen-Orient et à l’Asie centrale, jusqu’aux frontières de la Chine. Le plan d’Ike re-boosté en ce début de troisième millénaire ? On le saura avant la fin de l’année. Légende à l’illustration (Just say no to GMO) Surtout ne pas confondre entre GMO et …GMO, quoique. La première abréviation est en français, la seconde en anglais et signifie Organismes génétiquement modifiés, et comme les British roulent à gauche et mettent leurs épithètes avant les substantifs, on peut comprendre la méprise. Fondamentalement, y a-t-il une différence entre les deux ? Dans un GMO à la mode de Cheney, où nos paroles et nos espoirs seraient étouffés dans l’œuf, ne deviendrions-nous pas des OGM humains, avançant dans de ternes existences, comme des ectoplasmes avec pour unique objectif celui de devenir, un jour, d’obèses zombies ?
Kamal ZEMOURI |