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Débrayage des fonctionnaires Les grandes manœuvres Pourquoi donc les fonctionnaires ont-ils protesté massivement pendant trois jours ? Les fonctionnaires des principaux services publics de l'Etat ont
répondu massivement à l'appel de 19 syndicats autonomes des différents
secteurs de la fonction publique encouragés dans cette " nouvelle
mobilisation nationale" par la réalité des " hausses" de leurs salaires
qui s'est avérée. Il faut quand même rappeler que l'intersyndicale avait
appelé quelques jours auparavant à cette mobilisation pour faire valoir
les revendications des syndicalistes libres portant sur les salaires,
les pensions, la titularisation des précaires. Or, " le gouvernement
algérien persiste dans son refus de répondre à ces revendications ",
disent-ils. Mieux encore, ce gouvernement avait manœuvrés pour faire
avorter la grève, d'abord en chargeant les différents services de la
fonction publique à remettre aux fonctionnaires leurs bulletins de paye
quelques jours avant la grève, avec les soi disant augmentions. Manque
de pot, les augmentations sont tellement ridicules que l'action s'est
avérée contraire à l'effet attendu. Entre la grille des salaires rendue
publique dans la presse et les nouveaux salaires distribués, il n'y a
aucune commue mesure. C'st comme si l'on s'est moqué des travailleurs
qui aveint fait leur propres calculs, mais qui ont été tirés de leurs
illusions lors de l'application de cette grille. C'est aussi comme si
quelque part, on a voulu par ce procédé, allumer le feu. Seconde
manœuvre, les autorités ont averti les fonctionnaires qui feront grève
de recevoir des sanctions. Cet avertissement est évidemment destiné à
dissuader les hésitants parmi les fonctionnaires. Or, l'intersyndicale
savait que les autorités recourraient à ce genre de travail de sape,
c'est pourquoi, elle a expliqué aux fonctionnaires que " par cette
mobilisation, il s'agit aussi d'obliger le gouvernement algérien à
reconnaître et à respecter les libertés syndicales en Algérie ". Dans
son appel, elle a rappelé que " la liberté syndicale est garantie dans
la Constitution algérienne mais dans les faits, elle n'existe pas ".
Trois jours avant la grève, les médias officiels ont rendu publique les
augmentations des salaires d'un échantillon de fonctionnaires. L'agence
officielle publie une dépêche qui dit que " près de 9.000 DA pour un
médecin généraliste, 6.000 DA pour un enseignant du primaire, 4.300 DA
pour un agent des Douanes : les augmentations des salaires dans la
Fonction publique dévoilées permettent de mesurer concrètement les gains
obtenus par plus d'un million et demi de travailleurs". Cette source a
lu " un tableau comparatif " des nouveaux et anciens salaires nets par
secteurs, pour constater " une augmentation sensible est constatée ".
D'après ce tableau, dans le secteur de la santé, " un médecin
généraliste "moyen" (catégorie 16, échelon 5) obtient une augmentation
nette de 8.868,54 DA (ancien salaire 33.654,86 DA, nouveau salaire
42.823,40 DA). De même, un médecin spécialiste verra sur son bulletin de
paie de 4.689,31 DA à 9.911,65 DA de plus, selon les échelons, alors
qu'un chirurgien dentiste touchera désormais jusqu'à 5.546,36 DA
supplémentaires, par rapport à son ancien salaire ". Et de poursuivre
que " les infirmiers et les sages-femmes, de leur côté, ont eu des
augmentations, variables également selon les échelons, de 4.000 à plus
de 7.000 DA ". Pourtant, le salaire de base d'un infirmier breveté selon
la nouvelle grille des salaires est de 24.000 dinars, or, dans les
faits, il ne lui est versé que 18.600 dinars de salaires de base, fiche
de paye à l'appui. L'agence ajoutait que dans l'éducation, un professeur
du primaire a obtenu un gain de 6.218,99 DA (catégorie 11, échelon 4),
un maître d'école (catégorie 10) entre 7.000 DA et 9.500 DA et un
directeur d'école (catégorie 11) entre 8.000 DA et plus de 9.000 DA. Les
surveillants généraux et les proviseurs ont bénéficié de hausses variant
entre 10.000 DA et plus de 11.000 DA. Dans l'enseignement supérieur, les
augmentations pourront atteindre jusqu'à plus de 22.000 DA (22.295 DA
pour un professeur de subdivision 7, échelon 10, avec un salaire net de
81.541 DA). En bas de l'échelle des enseignants universitaires, un
assistant touchera au minimum plus de 4.000 DA de plus. Dans
l'enseignement professionnel, les hausses pour les enseignants varient
entre 7.000 et 9.000 DA. Un agent de contrôle des Douanes (secteur des
finances) touchera quant à lui quelque 4.000 DA supplémentaires dès
avril, un officier de contrôle 6.272,15 DA (catégorie 9, échelon 10) et
un inspecteur principal quelque 8.000 DA. Pourtant, un cadre douanier a
démenti cela en révélant avoir bénéficié d'aune hausse de seulement
1.000 dinars. " Dans l'administration, la secrétaire de catégorie 6
passera d'un salaire de quelque 16.600 DA à plus de 21.200 DA selon la
nouvelle grille, alors qu'un administrateur de catégorie 12 a une
augmentation de plus de 9.000 DA. Abbes Benali |