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BTPH Pas moins de cinquante projets dans le bâtiment sont à l'arrêt. Ce sont des opérateurs du BTPH qui l'affirment. La hausse des prix des
matériaux de construction en est la principale cause. Le secteur se
porte si mal, depuis quelques mois. Des chefs d'entreprises connus dans
le Btph estiment que chaque fois que l'on évoque une reprise des
activités du bâtiment, un problème surgit. Le dernier en date est celui
de la flambée des prix des matériaux de construction, principalement le
ciment et le rond à béton. Est-ce conjoncturel ? Des opérateurs se
disent victimes de l'envolée spectaculaire des prix des matériaux de
construction, alors même que des marchés de réalisation leurs ont été
attribués en fonction des anciens tarifs et qu'ils ne peuvent, pour le
moment, faire l'objet d'une révision ou actualisation. Une carence de
trop ? L'absence de réactualisation des indices des prix conduit tout
droit à des pertes considérables dans les entreprises, qu'elles soient
publiques ou privées. La publication de ces indices n'a pas été faite
depuis 2005. Les chefs d'entreprises lésés plaident pour la publication
de ces indices immédiatement, et mettre en place des avenants de
régulation, de compensation des surcoûts ou des avenants forfaitaires.
Les prix augmentent de façon vertigineuse, et cela a, bien sûr, des
conséquences sur les prix pratiqués en Algérie, qui dépendent
entièrement des importations de certains produits stratégiques. En
réalité, le déséquilibre du marché national crée des périodes de
tension, alors qu'à l'étranger, les entreprises de construction
disposent de stocks qui leur permettent de fonctionner en permanence.
C'est pourquoi, certains parlent de " spéculation " et " invite " l'Etat
à y mettre de l'ordre, en plafonnant par exemple le prix du rond à béton
dont le prix s'est envolé ces derniers mois. Il oscillait autour de 4550
dinars ; il est écoulé aujourd'hui à 8000 dinars, prix pratiqué au
sortir de l'usine. Et, il revendu à 10000 dinars. C'est un coût jugé
excessif et par les auoconstructeurs et par les grosses entreprises. Et,
ce n'et pas tout, le sable a également grimpé. De 6000 dinars, il est
passé à 9000 dinars, malgré la levée de l'interdiction d'exploiter le
sable des oueds. Et, l'Etat dans tout cela ? Les pouvoirs publics se
veulent " moins alarmistes " et ne souhaitent pas s'exprimer sur la
question de l'actualisation des prix, seule manière de se prémunir d'une
éventuelle faillite. Faut-il, pour autant, dans une pareille situation,
se défausser des activités, rétives, en mal de croissance, et
n'attribuer de marchés qu'aux entreprises étrangères ? Est-ce possible ?
L'état dans lequel évolue le secteur du bâtiment n'est pas aussi dégradé
que cela. La branche matériaux de construction, qu'il s'agisse du
secteur public ou privé, est en nette amélioration, et qu'il suffit de
l'exploiter de manière rationnelle. La flambée des prix, ce sont les
entreprises de réalisation dans le bâtiment qui en supportent les
conséquences. Aussi, sont interpellés les pouvoirs publics à prendre
impérativement en charge ce problème, à procéder à une évaluation
correcte de l'inflation des prix des matériaux de construction, à des
contrôles sur les transactions commerciales pour éviter l'évasion
fiscale. De même qu'il est souhaitable que l'Etat introduise une clause
de révision des prix des matériaux de construction, lorsque ceux-ci
augmentent. Des spécialistes estiment cependant qu'officiellement, il "
n'y a pas de relèvement " des prix. Mais que, sur le terrain, la flambée
" est bien là ", que le " plus gros " de la production du ciment, par
exemple, est " affecté aux sociétés étrangères ". Celles-ci ont-elles
les faveurs de l'Etat ? " Impossible ", tranchent des opérateurs. Si les
sociétés étrangères en arrivent à remporter des marchés dans le BTPH,
sans faire trop de tapage sur la flambée des prix des matériaux de
construction, c'est parce qu'elles ont les moyens de leurs ambitions.
Indépendamment des tensions émaillant aujourd'hui les prix des matériaux
de construction et les conséquences qui en découlent, le bâtiment figure
parmi les secteurs ayant bénéficié de crédits colossaux dans le cadre de
la relance de l'économie nationale. Des chiffres ? A fin décembre 2007,
le volume global des crédits accordés à l'économie nationale se chiffre
à 2182,1 milliards de dinars, répartis à parts inégales entre secteurs
privés et secteurs publics : le privé s'en fait attribuer 1213,4
milliards de dinars, le secteur public968, 4 milliards de dinars. C'est
mentionné dans le bulletin des statistiques élaboré par la banque
d'Algérie. C'est un document qui englobe des données statistiques sur la
sphère bancaire et financière, la banque centrale comprise, sur le
financement de l'économie nationale, tous secteurs confondus. La
majorité des banques financent le bâtiment. C'est un secteur qui compte
beaucoup dans le portefeuille du Crédit populaire d'Algérie (CPA), par
exemple. C'est un portefeuille qui compte 705 entreprises dont 67
entreprises publiques économiques (EPE) de réalisation, 38 bureaux
d'études ainsi que 600 petites et moyennes entreprises (PME) de
réalisation. Cette banque publique, qui attend d'être privatisée,
apporte un soutien financier à cinq entreprises impliquées dans la
réalisation des projets de location-vente pour le compte de l'Agence
d'amélioration et de développement du logement (AADL). En valeur,
l'apport du Crédit populaire d'Algérie (CPA) dans ce cadre s'élève à 5,5
milliards de dinars. Dans un récapitulatif des financements octroyés
dans ce secteur depuis 1999 à ce jour, le CPA note qu'il a apporté son
soutien à 505 opérations de promotion immobilière totalisant plus de
8800 unités pour un montant global de 10,4 milliards de dinars. Sauf que
solliciter un financement auprès du CPA ou une autre banque n'est pas
toujours sans difficultés. Des problèmes d'"illégalité " liés à la
formule de vente sur plans (VSP) sont souvent signalés, évoqués, par de
promoteurs immobiliers. Autre chose, le Fonds de garantie et de caution
mutuelle de la promotion immobilière (FGCMPI) exige préalablement à tout
octroi de garantie la non-hypothèque du foncier sur lequel seront bâtis
les logements alors que la banque veut se prémunir par l'hypothèque. Ces
obstacles font que le bâtiment, même s'il y a volonté de le faire
évoluer dans un environnement favorable, " trébuche ". Et, que l'envolée
des prix sus évoqués n'est qu'une partie de ce qui ne va pas dans le
secteur. Rachid Tadart |