Marché de l'immobilier : On n'est pas sorti de l'auberge…
Comment parler de l'immobilier sans poser la cruciale problématique du foncier ?

Tout le monde l'aura constaté : le marché de l'immobilier flambe. Et selon moult spécialistes de la question, ce n'est pas demain la veille que les choses iront en s'améliorant.
Ce qui n'est guère rassurant pour tout quidam candidat potentiel à l'acquisition d'un toit. Quand bien même sous d'autres latitudes, le phénomène est presque tout aussi inquiétant. Questionné sur le pourquoi du comment, un conseiller en immobilier qui préfère s'exprimer sous le sceau de l'anonymat, résume ainsi l'état des lieux : " En fait, sur ce registre comme partout ailleurs on ne va pas inventer l'eau chaude. Tant il paraît patent que tout se ramène à la fameuse loi vieille comme le monde de l'offre et de la demande. Et plus un produit se raréfie sur le marché, plus la demande est forte, d'où une spéculation effrénée… " Un peu trop facile peut-être comme argumentaire mais réaliste très certainement quelque part. Car il va sans dire que dans une économie totalement déstructurée, tous les coups (et non coûts) bas ont permis. Ce qui ouvre de grands appétits à des spéculateurs de tous poils ravis de l'aubaine et de pouvoir donc s'en mettre plein les poches. D'autant que les pouvoirs publics paraissent de plus en plus impuissants à juguler ce phénomène. Même s'ils n'ont pas manqué de proposer des solutions intermédiaires (logement social, participatif, AADL, etc.) qui ont au moins le mérite d'exister à défaut de révolutionner les choses. Car à supposer même qu'on puisse construire 500.000 logements par an, l'objectif des fameux 1 million de logements/ an étant de plus en plus hypothétique pour le moins, le déficit sera toujours là pour rappeler aux uns et aux autres qu'on ne badine pas avec la rigueur… Ceci est si vrai que tant qu'on n'aura pas résolu la question lancinante du foncier, on continuera encore, de facto, à tracer des plans sur la comète. Constat corroboré par notre interlocuteur qui relève " tout est intimement lié à la gestion du patrimoine foncier. Et si on ne trouve pas de solutions urgentes sur ce chapitre, la spéculation aura encore de beaux jours… " Or et ce n'est là qu'un secret de polichinelle, le patrimoine foncier a fait davantage l'objet de replâtrages divers que d'une véritable stratégie à même de l'arracher aux mains des spéculateurs de tout acabit…Ceci est si frappant que le prix du mètre carré, en particulier dans des sites réputés huppés pour une raison ou pour une autre, ne cesse de grimper jusqu'à donner le tournis. Et décourager bien des volontés qui ont mis de côté toutes leurs économies dans l'espoir devenu hélas insensé de pouvoir construire un petit quelque chose pour y couler des jours heureux, après une retraite bien méritée…C'est dire donc si la prise en charge du foncier par qui de droit subordonne et conditionne tout le reste. D'ailleurs notre conseiller se refuse à toute projection dans l'avenir lorsqu'on lui pose la question de savoir de quoi sera fait demain " je préfère vous entretenir de ce que je sait (encore que) que de me hasarder ou m'aventurer à me lancer dans des supputations pour le moins fantaisistes… " En vérité, l'impression qui se dégage est que personne ne maîtrise réellement les choses dans la mesure où l'opacité continue de sévir et de s'ériger pratiquement en mode opératoire sinon en véritable modus vivendi. D'où donc toute cette spéculation qui bat son plein se souciant comme d'une guigne des prix estampillés pourtant dûment officiels, pénalisant ainsi une frange majoritaire des citoyens qui ne croient plus à tous ces " effets d'annonce " pour reprendre les termes mêmes de notre conseiller en immobilier… Car la vérité du terrain est tout autre : une moindre parcelle de terrain s'arrachant à des prix défiant tout entendement tandis qu'un minable studio même situé dans un quartier populaire se négocie, pour sa part, à un prix d'or. Ne parlons pas du marché locatif qui n'est, en réalité, par ses prix de location plus que pénalisants, que le reflet fidèle sinon la conséquence directe, des effets pervers d'une économie en panne…
 

Amar Zentar

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