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Création d'activités par les jeunes Où se situent les dysfonctionnements ? Face à un chômage endémique qui sévit dans les rangs de millions de jeunes en Algérie encourageant des milliers d'entre eux, à quitter par voie maritime, un pays sans perspectives, au péril de leur vie, les autorités se réveillent certes tardivement, mais elles se réveillent. C'est ainsi, que samedi dernier, le chef du gouvernement présidait un conseil interministériel consacré à l'examen du rapport du Comité interministériel sur les dispositifs de création d'activités. Dans le communiqué sanctionnant cette réunion, il est dit qu'après avoir fait un bilan des dernières années, le Conseil a examiné l'état des relations qui existent entre les banques commerciales, d'une part, et les jeunes promoteurs et les dispositifs ANSEJ, CNAC et ANGEM, d'autre part. Ensuite, le Conseil a identifié " les dysfonctionnements apparus " dans les dispositifs de création d'activités et a pris des mesures pour apporter les ajustements nécessaires pour les relancer. Il a examiné à cette occasion, un projet de décret exécutif modifiant et complétant le décret exécutif fixant les conditions et les modalités de mise à disposition des locaux à usage professionnel et artisanal, au profit des chômeurs promoteurs. Enfin, " l'idée sous-jacente à cet amendement est d'orienter l'utilisation de ces locaux pour créer des pépinières de nouvelles entreprises au profit des jeunes porteurs de projets créateurs d'emplois et de richesse et de préserver ce patrimoine contre d'éventuelles spéculations ". D'abord, le gouvernement ne dit pas aux jeunes concernés où se situent ces dysfonctionnements, mais aussi, ne les expliquent pas. Ce manque de transparence dans la communication officielle et cette langue de bois digne des années du " socialisme triomphant " de triste mémoire, n'encourage guère à l'optimisme chez une frange de la population qui connaît les véritables difficultés et obstacles freinant la création d'entreprises par le biais des " dispositifs " mis en place par l'Etat et cités plus haut dans le communiqué. La création de ces dispositifs remonte à des années déjà. Ils ont englouti des budgets faramineux qui n'ont pas été dirigés vers la mission initiale qui leur était dévolue. Cela se vérifie aujourd'hui, à travers ce que le gouvernement appelle les dysfonctionnements. Il a donc fallu des années de pillage des ressources financières qui n'ont aucunement profité aux millions de jeunes intéressés par la création d'activités, pour que les autorités s'aperçoivent que ces dispositifs ne sont pas appropriés du point de vue de leur fonctionnement. D'où les correctifs décidés, que le gouvernement ne précise pas. L'an dernier, les autorités ont tenu ce qu'elles ont appelé les assises nationales de la jeunesse au cours desquelles il a été décidé de revoir la politique générale de l'emploi des jeunes. A cette occasion, le premier responsable du pays avait estimé que les dispositifs dont nous parlions lus haut " doivent être adaptés et mis en œuvre en toute transparence pour assurer une meilleure insertion socioprofessionnelle des jeunes, car ces dispositifs contribuent au renforcement de l'activité économique ". Pourquoi avoir attendu presque une année pour enfin, se pencher sur le problème ? Cela dit, et puisque l'heure est à l'emploi des jeunes, l'on apprend que les banques " souhaitent qu'une nouvelle règle de partage du niveau de risques dans le financement des projets d'activités des micro-entreprises soit établie ". Ce vœu handicapant est lancé par l'Association des banques et des établissements financiers, pour qui " le taux des crédits octroyés par les banques pour le financement des projets d'activités gérés par les dispositifs d'emploi dépasse les 65 %. Il représente actuellement les deux tiers de l'intégralité de chaque projet, d'où la nécessité d'envisager une autre règle de partage des risques entre les banques et l'Etat ". Et de proposer que ce taux de financement " devrait être ramené de 65 % à 55% afin de diminuer l'ampleur des risques de financement qui pèsent sur elles ". Il faut convenir que cette suggestion n'est pas pour encourager la création d'activités chez les jeunes. Déjà que les banques algériennes ne jouent pas le jeu dans l'octroi de crédits, voilà que l'on parle de réduire le taux de financement, sous prétexte de risques encourus dans le remboursement. Il y a des lois dans ce pays pour sanctionner les contrevenants. Et puis, les banques ne donnent pas de crédits sans garanties consistantes. Où est donc le risque ? N'est-ce pas là un autre moyen de renforcer les blocages existants ? Cette sortie de l'association des banques ne cadre pas du tout avec la récente affirmation du chef du gouvernement lors d'une rencontre à Oran sur l'émigration clandestine, pour qui l'appareil productif est " capable de générer 400.000 postes d'emplois ", par an. Les acteurs en charge du dossier devraient accorder leurs violons ! Abbes Benali |