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Arrêt de l’importation de la viande
ovine
Une décision incompréhensible
La pénurie d'aliment de bétail est
l'œuvre des spéculateurs,
Les contrebandiers bradent des
troupeaux entiers chez nos voisins,
L'Etat n'arrive pas à contrer les
nombreux intermédiaires,
Le conseil
interministériel qui a examiné le dossier relatif à l’élevage ovin, a
constaté que « ce secteur important de l’économie nationale traverse une
situation difficile, risquant de mettre en danger ce patrimoine national
qui doit être impérativement préservé ».
Le texte ajoute qu’après « une étude exhaustive » de la situation qui
prévaut dans les régions de parcours, le conseil interministériel a pris
un certain nombre de mesures pour venir en aide au secteur. Ainsi outre
l’arrêt de l’importation de cette viande pour près de trois mois, le
gouvernement s’est engagé à « augmenter les quantités d’orge et de les
mettre sur le marché pour rendre cet aliment du bétail accessible aux
éleveurs le plus rapidement possible ». L’autre décision a trait à
l’ouverture des terres de parcours et de « les organiser en vue d’une
utilisation rationnelle ». A cet effet, « un dispositif de gestion sera
mis en place ». Le conseil a également décidé « d’organiser les
coopératives d’éleveurs pour leur permettre de prendre en charge leurs
problèmes et les associer à toutes les décisions concernant le
secteur », et pour cela, « des directives seront données, en
conséquence, aux collectivités locales ». Le gouvernement dégagera les
moyens financiers nécessaires pour faire face aux mesures urgentes et
préventives ». Près de 450.000 quintaux d’orge ont été distribués aux
éleveurs depuis janvier 2008 au prix de 1.550 DA le quintal alors que l’OAIC
l’achète à près de 4.000 DA le quintal, rappelle le texte. « Cet écart
entre les prix d’achat et de vente indique l’ampleur de l’effort qui est
consenti par le gouvernement en direction du secteur de l’élevage
ovin », se félicite le gouvernement. Ainsi, par ces décisions, le
gouvernement dit qu’il se préoccupe du patrimoine ovin national. Non
seulement personne en Algérie à commencer par le ministère de
l’agriculture ne connait avec précision les effectifs du cheptel ovin,
c’est à titre le nombre de têtes de mouton que nous avons, mais aux
dernières nouvelles, on les estime à quelque 18 millions de têtes. Ce
chiffre est resté stable depuis 30 ans au moins. Seconde remarque, si
aujourd’hui les prix des viandes ovines n’ont jamais atteint des niveaux
aussi élevés, ils tournent autour des 800 et 900 dinars le kilogramme,
c’est que les éleveurs de cette espèce refusent de vendre la production
sur le marché, à cause de la bonne pluviométrie qui offre de
l’alimentation au cheptel. On sait que lorsqu’il y a une bonne
pluviométrie, la viande ovine grimpe sur le marché puisqu’il y a rareté
du produit.
Lorsque les éleveurs ne vendent pas, cela signifie qu’ils que les
effectifs dont s’inquiète incompréhensiblement le gouvernement, sont
bien conservés. Pourquoi donc cette mesure d’arrêter l’importation ? Qui
sont donc les Algériens aujourd’hui, qui se permettent d’acheter de la
viande à près de 1000 dinars ? S’il y a une pénurie d’aliments de bétail
importé comme l’orge ou autres, cela est l’œuvre malfaisante des
spéculateurs qui stockent ces denrées pour s’enrichir. Le gouvernement
devrait intervenir dans cette direction au lieu de pénaliser les
consommateurs à faible revenu qui de temps en temps, s’offre un peu de
viande congelée importée du fait de la cherté de la viande locale, œuvre
également des nombreux intermédiaires que l’Etat n’arrive pas à
contrôler depuis des décennies. Dans un constat d’expert, il est dit que
« l’élevage ovin algérien a connu une très forte croissance depuis
l’Indépendance en 1962. Cette croissance résulte des conditions créées
par la politique agricole : contrôle du marché intérieur et importations
massives de céréales, blocage des importations et marché intérieur libre
pour les viandes rouges. Le moteur de cette croissance est la très forte
demande intérieure, amplifiée par la croissance démographique. C’est
ainsi que les viandes rouges sont les principales productions de la
céréaliculture algérienne. Pour autant, les performances techniques de
cet élevage n’ont pas augmenté ; elles sont aujourd’hui inférieures à
celles d’il y a vingt ans : les fluctuations des prix des ressources
fourragères, liées à celles de la météorologie, conduisent à privilégier
l’augmentation des effectifs au détriment de celle de la production de
viande. La viande ovine algérienne est aujourd’hui la plus chère du
monde ». D’où vient cette menace sur le patrimoine ovin ? Evidemment, de
la contrebande à laquelle s’adonne des réseaux de mafieux qui exportent
par troupeaux entiers le cheptel qu’ils bradent chez nos voisins. Il
faut remarquer que le communiqué du gouvernement n’en souffle mot.
Abbes Benali |