M. Bedka Aziz (SG de la section syndicale UGTA de l'EPH de Baïnem)
« La directrice ne reconnaît pas notre syndicat ! »

 

La section syndicale de l'UGTA de l'Etablissement Hospitalier de Baînem a lancé un préavis de grève pour les journées du 19 et 20 mai 2008. Soit deux jours de protestation pour dénoncer la situation qui règne dans cette structure. Ce syndicat, faut-il le rappeler n'est pas reconnu comme partenaire social par la directrice. D'ailleurs pour lui notifier le préavis de grève, il a été fait appel à un huissier de justice. Son secrétaire général a bien voulu nous expliquer les motifs de ce mouvement de grève annoncé.


La Dépêche : Vous venez de lancer un préavis de grève de deux jours, voulez-vous bien nous expliquer les motivations ?
M. Bedka : Ce mouvement de grève est la conséquence d'une foule de problèmes que connaît notre établissement. Nous avons dressé un constat que nous jugeons négatif pour le bon fonctionnement des activités de cette structure hospitalière et l'administration y est pour beaucoup dans ce qui se passe. La direction n'a pas respecté ses engagements pris avec le partenaire social, l'UGTA, et ses instances que sont l'Union locale et Fédération nationale de la santé. D'ailleurs la directrice ne nous reconnaît pas comme étant un partenaire social et s'attelle à semer la division au sein des travailleurs. Il a fallu faire appel à un huissier de justice pour lui faire parvenir notre préavis de grève car elle refuse d'accuser réception

La Dépêche : Quelles sont vos revendications ?
M. Bedka : Elle sont nombreuses et concernent essentiellement les conditions socio-professionnelles des travailleurs. Je cite entre autres la rétribution des postes supérieurs, le non-respect par la direction de la loi 82-303 relative à la gestion des œuvres sociales, l'abus du pouvoir de la directrice et les sanctions arbitraires, la non-prise en charge des doléances des travailleurs en ce qui concerne l'état d'avancement et rappel des salaires, la dégradation des conditions de travail, les entraves perpétuelles de la direction à l'égard de la section syndicale UGTA, le comportement du surveillant général avec les travailleurs, la situation critique et alarmante de l'hôpital, la prise en otage du personnel paramédical du service de néonatalogie qui a connu un pourrissement ces derniers temps et qui a occasionné la mort d'un bébé et qui risque d'occasionner encore d'autres drames…

La Dépêche : Vous dressez là un tableau noir sur la situation…
M. Bedka : C'est la réalité et nous voulons que les choses bougent. Nous interpellons la tutelle pour prendre les mesures nécessaires.

La Dépêche : Le décès du nouveau né survenu le 05/05/2008 semble être le détonateur de cette mobilisation…
M. Bedka : Effectivement, car ce qui s'est passé est très grave. C'est la conséquence d'une situation de pourrissement que nous avons dénoncé bien avant déjà, c'est-à-dire au mois de février 2008 dans un courrier que nous avons transmis à toutes les parties dont la directrice pour signaler que " la section syndicale UGTA et à travers son envoi du 06/02/2008 à la directrice de l'établissement qui ne fait qu'obéir aux normes minimales en ressources humaines, du décret exécutif n°05-438 du 10 novembre 2005 relatif à l'organisation et l'exercice de la périnatalité et de la néonatalogie et cela pour éviter le pire ", vous voyez donc qu'on voyait venir ce drame.

 
Propos recueillis par K. B.

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