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Enquête : suite au décès d'un
nouveau-né à l'hôpital Ibn Ziri (Bologhine)
Autopsie d'un malaise qui a conduit
à un drame
Tout a commencé
par l'initiative prise par le chef de service de pédiatrie, le Pr
Baghriche, avec le consentement de a directrice de l'établissement pour
l'extension de l'unité de néonatalogie qui se situe au niveau du service
de Gynécologie que dirige le Pr Hadjar. Et ce, dans le cadre de
l'application du décret de mise en conformité des unités de soins,
promulgué par le ministère de tutelle. " Une extension faite, comme le
tient à le souligner le Pr Hadjar au détriment de son service ". Chose
qu'il n'a pas admise par soucis, dit-il, d'assurer les meilleures
conditions aux patientes qui viennent se faire accoucher dans son
service.
Notre enquête nous a mené à faire parler les différentes parties
prenantes dans ce conflit ou du moins celles qui étaient bien disposées
à le faire. Il y a malaise à l'Etablissement public hospitalier de
Baïnem. Une tension règne depuis le lancement des travaux dans l'unité
de néonatologie en vue de sa mise en conformité avec le décret
ministériel de 2006. Le décès d'un bébé dans ce service, dans des
circonstances qui restent à déterminer par une commission d'enquête, n'a
fait qu'exacerber le climat délétère qui risque encore d'avoir des
répercussions néfastes sur les malades. Les accusations lancées par le
Pr Hadjar contre la direction et le chef de service de pédiatrie (voir
l'interview du Pr Hadjar) laissent entendre qu'un conflit latent couve
depuis longtemps dans cet établissement. Les sections syndicales qui
activent au sein de cette structure hospitalière sont unanimes quant il
s'agit de manifester leurs appréhensions et leur désapprobation par
rapport à l'allure que prend le bras de fer engagé entre les
protagonistes. D'autant plus que l'enjeu reste limité à une quête d' "
espace " au détriment de l'essentiel qui reste la prise en charge des
patients. Nous avons pris attache avec le Syndicat autonome du
paramédical et la section syndicale de l'UGTA pour toucher du doigt le
mal qui ronge cet établissement réputé pourtant pour la qualité de son
service. M. Aissani (SG du SAP) qui nous a remis un communiqué de presse
dit que " le personnel paramédical est pris en otage dans ce conflit
entre le service de pédiatrie et de gynécologie ". " Un conflit,
explique-t-il, qui ne les concerne ni de près ni de loin, si ce n'est
qu'il met les puéricultrices dans une situation délicate puisqu'elles
exercent dans le service de néonatalogie. Problème, note-t-il aussi,
qu'il est chargé d'exposer au sein du Conseil médical de l'établissement
qui devait se réunir mardi passé mais qui a été reporté à cause de
l'absence du quorum puisque six membres sur les onze étaient présents. "
Dans le communiqué en question, il est clairement signifié que le
personnel paramédical est " très attristé par la situation actuelle
touchant la fierté et la bonne prestation du service de Gynécologie
obstétrique et celui de la pédiatrie, en l'occurrence le service de
néonatalogie dont les nouveau-nés et les puéricultrices se trouvent en
otages ", et de ce poser cette question fondamentale : A qui profite
cette situation et quel est l'intérêt et enfin quel sera le résultat ? "
Et de noter à ce sujet que " les puéricultrices paramédicales sont
confrontées à de sérieux ennuis d'ordre moral et médicolégal ". Un appel
de détresse qui sonne comme une dénonciation des pratiques observées
dans le service dans lequel exercent ce personnel. Mais de quoi
s'agit-il au juste ? Et quel est l'origine de ce conflit qui oppose le
chef de service de Gynécologie à son homologue de pédiatrie qui semble
avoir acquis le soutien de la directrice de l'EPH comme a tenu à le
mentionner le Pr Hadjar qui accuse la directrice dans un courrier qu'il
lui a dressée le 05/05/2008 suite à son " refus de la tenue du Conseil
médical en extrême urgence sous prétexte que vous n'êtres pas avisée
dans les délais (… )", et de " laisser pourrir les affaires extrêmement
urgentes ! ". Plus loin le rédacteur de la lettre rappelle à la
directrice sa " demande express de faire recruter cinq médecins
spécialistes de santé publique en pédiatrie pour compléter l'effectif de
sept. " Le Pr Hadjar rappelle aussi dans ce courrier dont il nous a
remis une copie que " ce recrutement est demandé dans le cadre de
l'urgence pour organiser une activité décente et des gardes de 24 h
effectives : Il y a eu déjà " non assistance à personne en danger " :
les pédiatres de garde, sur injonction de leur chef de service,
réquisitionnés par le directeur de garde les 02/05/2008 à 2h du matin et
le lendemain le 03/05/2008, ont catégoriquement refusé de voir le
nouveau né en souffrance aigue ".
Enfin le Pr Hadjar écrit que " ce dernier (le bébé, ndlr) est décédé le
05/05/2008 à 1h du matin. " Et que " de toutes les façons, les parents
ont porté plainte contre les pédiatres pour " non assistance à personne
en danger " et de terminer son courrier par cette phrase " vous avez
votre part de responsabilité en faisant la sourde oreille à ma demande
". Cette lettre est lourde de conséquence puisqu'elle montre bien que le
décès du bébé survenue le 05/05/2008 est la conséquence d'une série de
négligences mortelles. De son coté la directrice, Mlle Rahal, que nous
avons approché pour connaître sa version des faits n'a pas voulu faire
de déclaration parce qu' " elle est tenue, dit-elle, par l'obligation de
réserve. " Se contentant de nous montrer un dossier volumineux entreposé
sur son bureau et qu'elle s'apprête à envoyer au ministère de tutelle
malgré le fait qu'elle a " des choses à dire " comme elle tient à nous
le faire savoir. Aussi nous fera-t-elle apprendre qu' " une commission
ministérielle est déjà venue s'enquérir de la situation. " Partie
prenante du conflit, le Pr Baghriche chef de service de Pédiatrie que
nous avons également tenté de joindre à son service le mardi 06/05/2008
était absent car il participait à un séminaire médical international à
Annaba. Nous avons essayé de le joindre le lundi 12/05/2008 mais sa
secrétaire nous informera " qu'il est parti en France pour une vingtaine
de jours ". Ce qui pénalise nos lecteurs d'une autre version des faits
que nous avions souhaité rapporter pour éclairer d'avantage l'opinion
publique sur ce qui se passe dans cet établissement hospitalier à la
réputation pourtant bien établie. (nous y reviendrons)
Kamel
Benmesbah |