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Port d'Alger :
Qui est responsable des 1 000
conteneurs abandonnés ?
L'affaire des 1000 conteneurs et autres engins abandonnés
depuis plus de 4 ans au port d'Alger, révélée cette semaine par le
directeur général des douanes algériennes pose le problème de
l'application des lois dans ce pays
C'est que quelque part, quelqu'un ou un groupe de responsables n'a pas
pris ses responsabilités, faisant que les quais du port soient encombrés
pendant des années, avec toutes les pertes économiques pour l'économie
nationale qui en découlent.
Selon le premier responsable de cette institution sensible, la loi dans
ce genre d'affaire est claire, elle prévoit en effet, un délai maximal
de 4 mois et 21 jours pour que les marchandises entreposées dans les
conteneurs qui sont stationnés au port, soient non seulement dédouanés,
mais enlevées en cas de leur abandon par leurs propriétaires, qu'ils
soient importateurs privés ou publics. Le directeur des douanes
reconnaît " le caractère inadmissible " de ces pratiques. Si cela est
pourquoi donc ses services ont attendus tout ce temps-là pour réagir ?
Les importateurs privés sont-ils donc si puissants pour se comporter de
cette façon ? " Cela ne se passera plus comme ça et dans les prochains
jours, les premiers conteneurs et engins devront quitter le port ", a
dit ce responsable. Ce dernier a expliqué que les conteneurs laissés
sciemment en souffrance au port d'Alger et certainement dans d'autres
ports du pays, renferment du " matériel non dédouané ou objets de
contentieux qui seront également déportés vers le site de Sidi Moussa,
récemment réceptionné par les douanes et s'étendant sur une superficie
de 23 hectares ". Est-ce à cause d'un manque d'une aire d'entreposage de
ce genre de matériel qui est à l'origine de leur garde au niveau du port
? Pour le premier responsable de l'institution, " certains importateurs
stockaient délibérément leurs engins au port pour bénéficier de la
sécurité et des réductions de tarifs dans le cadre des facilitations
accordées par l'Etat ". On connaît la musique : la plupart des
importateurs profitent de la situation pour dépenser moins d'argent dans
le dédouanement de leurs marchandises et pour d'autres utilisent
l'argent fort de l'Etat pour importer des marchandises le plus souvent
contrefaites qu'ils réussissent à faire passer des quais en contrepartie
de pots de vin. Or, ceux qui n'arrivent pas à leurs fins, n'hésitent pas
à les abandonner comme l'ont fait récemment d'autres avec ces tonnes de
pommes de terre qui ont pourri sur les lieux. Les importateurs qui ont
recours à ce genre de pratique illégale ne peuvent-ils donc pas être
identifiés et sanctionnés comme le veut la réglementation en vigueur ?
Il ont dû avant d'importer constituer des dossiers nécessaires à leur
identification. Alors ?
Par ailleurs, le responsable qui évoquait la lutte contre la contrefaçon
a fait savoir que les pouvoirs publics sont déterminés à " venir à bout
de ce fléau ". Pour cela, il a rappelé la mise en place d'une structure
en mars dernier, dont la mission est de s'occuper de ce phénomène. Pour
cela, il a parlé de " l'acquisition de moyens sophistiqués de détection
des produits contrefaits ainsi qu'un programme de formation des
douaniers ". Ainsi, il a annoncé qu'" une quantité de 2,3 millions
d'articles contrefaits ont été retenus en 2007, contre 800.000 en 2006,
et seront détruits incessamment ". Cela signifie que d'année en année,
les produits contrefaits importés sont en augmentation. " Il existe des
opérateurs sans scrupules qui, pour ramasser de l'argent, n'hésitent pas
à mettre sur le marché des produits sachant pertinemment que ces
derniers peuvent tuer les citoyens ", a déploré ce responsable, qui a
assuré que " les douanes vont ester en justice des criminels en se
constituant partie civile ". Il a aussi déploré que " l'argent de l'Etat
sert, malheureusement, à importer des produits qui finiront à la casse
", promettant que son institution " va sévir ". Il a révélé dans ce
cadre qu' " un grand nombre de véhicules 4x4 saisis auprès des
contrebandiers, sont aujourd'hui utilisés dans la lutte contre la
contrebande ". Il faut dire que dans ce pays, on prend les mesures
nécessaires pour protéger l'économie nationale des prédateurs, lorsque
seulement, on s'aperçoit que ces derniers ont causé de grands dégâts au
pays. Cela dit, c'est quand même un bon début. Pourvu que çà dure…
Abbes Benali |