SCOUTISME, UNE PHILOSOPHIE UNIVERSELLE
En mai, les anciens sont à l’honneur.

Mai 2008 vit ses dernières heures. Pour autant, nous n'en avons pas fini avec les tristes et légitimes commémorations de ces temps maudits où l'existence d'un Algérien était un enfer. Osons espérer que les temps ont changé. Cette semaine, c'est Mohamed Bouras et ses compagnons de lutte que nous visitons. Avec eux le scoutisme algérien est à l'honneur. Les anciens, regroupés au sein de l'Asma, se souviennent de ces temps où le seul acte de militer consistait à mettre son existence en danger en faisant de vous un " suspect " source de tous les maux. Qu'est-ce qu'être scout en 2008 ? Bien entendu c'est continuer à évoluer dans la vie en s'inspirant des principe cardinaux du mouvement qui sont sensiblement les mêmes, partout sous tous les cieux. Au bout du compte c'est peut-être là que se cache cette philosophie universelle, ni religieuse ni politique, en mesure de réunir les hommes de bonne volonté autour d'objectifs communs, le reste, ce que l'on appelle spécificités, authenticités, particularismes, et on en passe, ne devenant alors qu'accessoire.

Il existe entre les pays ayant eu une histoire commune, durant un certain temps, de ces no man's land que les uns aimeraient oublier en y laissant pousser des herbes folles, alors que les autres voudraient y voir éclore de belles fleurs aux couleurs éclatantes de l'espoir. Particulièrement, quant cette mutualité d'histoire, ce cheminement commun, se sont faits au grand détriment de l'un tenu au fond du ruisseau, et aux multiples avantages de l'autre tenant le haut du pavé. Entre l'Algérie et la France, le mois de mai est un passage difficile. Pour le mouvement scout algérien, le 27 mai est une date commémorative. En ce jour de l'année 1941, Mohamed Bouras était passé par les armes pour une supposée " intelligence avec l'ennemi " c'est-à-dire les Allemands, ce qui est un peu fort de café quant on sait qu'Alger à l'époque était entièrement vouée à la cause de vichy, la collaboration. Les 27 et 28 mai 2008, au camp de jeunes de Sidi Fredj, l'Association des Anciens Scouts Musulmans Algériens, l'Asma, fera revivre, Mohamed Bouras et tous ses compagnons du moment et ceux leur ayant succédé et disparus depuis, dans nos mémoires. Une centaine de cadres du scoutisme venus des quatre coins de l'Algérie, seront présents. La rencontre baptisée " Omar Lagha -Tahar Tedjini " le premier ayant été à la tête du mouvement durant les années de feu, joua un rôle de premier ordre dans la fondation des Eclaireurs musulmans algériens. Ses rapports avec les autorités furent, on l'imagine, difficiles. Son engagement politique va se consolider après la répression de mai 1945. Lagha accompagné de Mahmoud Bouzouzou et de Mahfoud Kaddache, entrent alors au PPA où on les invite à ne pas, pour autant, quitter leurs fonctions aux Sma. Pour les colons, le lien est établi entre les scouts et les indépendantistes du mouvement national. Début 1954, Omar Lagha est arrêté, passe trois mois à la prison Barberousse. A sa sortie, il effectue un bref séjour en France. A son retour à Alger, il est arrêté de nouveau. La dernière fois qu'on le verra vivant c'est les traits défigurés par la torture, au centre de tri d'El Biar. Depuis c'est le néant. Lagha a disparu, sauf de nos mémoires. Il est le second à donner sa vie pour que vive l'Algérie.
En 1941, quand Mohamed Bouras fut fusillé sur ordre du général Weygand fidèle allié du maréchal Pétain, sans aucun doute, l'objectif recherché fut la décapitation du mouvement des scouts musulmans algériens, les SMA. D'abord un peu d'histoire : Le scoutisme en Algérie date de 1935, avec la fondation des Scouts musulmans algériens (SMA) par Mohamed Bouras. La première section à Alger en 1935 s'appelait la section al Falah. Le mouvement a été créé en 1935 par Mohamed Bouras, avec une troupe à Alger appelée la section al Falah. D'autres sections se sont alors jointes à elles : à Miliana la section Ibn Khaldoun, et d'autres à Constantine, Mostaganem, Blida, Sétif, Tizi-Ouzou, Batna et Guelma. C'est en juillet 1939 que les SMA obtiennent leur agrément du gouvernement du Front populaire, dirigé par le socialiste Léon Blum. Mais va arriver le moment où rien n'ira plus pour l'administration coloniale. Pour elle un scout ça campe, fait des feux de camp, chante et pour le reste, soit l'essentiel, ferme son clapet. Et cela va plutôt casser que passer. Le pays est en effervescence. Pas la plus petite réforme est à espérer du colonisateur. Indépendantistes, réformistes et assimilationnistes vont se retrouver dans le même creuset révolutionnaire. Aux SMA on est en ébullition. " Les succès obtenus sont certains, car on obtient toujours beaucoup d'effet auprès des musulmans lorsqu'on montre sa force. Mais le nationalisme et la volonté d'autonomie ne sont pas pour autant endigués ou annulés dans leur pensée parce que les manifestations en sont devenues plus rares ou même inexistantes. Les entretiens que j'ai eus avec les dirigeants des Scouts musulmans algériens, avec des hommes comme Mandouze ou les Pères Blancs ont bien confirmé mon impression personnelle à savoir qu'actuellement le feu couve sous la cendre ". L'observateur lucide qui s'exprime ainsi, à l'issue d'une visite en Algérie occupée en novembre 1949, n'est autre que Michel Rigal, à l'époque commissaire national des Scouts de France. Et il aura raison au grand dam de l'administration coloniale qui, obnubilée par son instinct de supériorité raciale et la puissante conviction d'une Algérie française éternelle, ne perçoit à travers le mouvement scout algérien qu'un épiphénomène voué à l'échec. Une fois de plus, le système colonial n'a rien compris, en demeurant biologiquement réfractaire à la plus petite réforme. Du côté des opprimés, on n'a pas perdu son temps. Réuni à Sidi Fredj, les Sma vont connaître leur première crise. C'est le propre d'un mouvement politique arrivé à maturité. Tahar Tedjini craint que le " jusqu'auboutisme " affirmé du mouvement aboutisse à sa dissolution, préfère atteindre certes les mêmes objectifs mais par une autre voie. Et là, on peut établir le parallèle avec l'histoire du mouvement national. La similitude est frappante avec la genèse et les clivages des partis politiques algériens, notamment Oulémas, Udma, Ppa-Mtld, puis Fln. D'accord sur la fin mais pas sur les moyens. Dès 1948, naissent les Boys Scouts Musulmans Algériens, les Bsma avec Tedjini à leur tête. En ce mois de mai 2008, si les noms de Lagha et de Tedjini sont accolés c'est pour affirmer qu'il n'existe plus de désaccord, et ce depuis 1962 date à laquelle tout rentra dans l'ordre. Cette seconde rencontre à Sidi Fredj, doit être le prélude à une contribution de l'Asma à l'écriture de l'histoire, par le recueil de témoignages du niveau local à l'échelle nationale. Il existe des écrits, le regretté Mahfoud Kaddache ne nous a pas laissé orphelins. Jamais il n'aura déserté le champ du combat et nous lui devons un riche héritage. C'est grâce à ces écrits que nous saurons que les cadres du scoutisme algérien ont fait, depuis la fondation du mouvement, une incursion dans le monde de la politique. Pris en mains par des oulémas réformistes, le mouvement se transforma en pépinière du nationalisme. On inculquera aux jeunes les idées indépendantistes, les principes de l'islam et la langue arabe, l'idée d'indépendance, notamment avec des pièces de théâtre de sensibilisation et des chants nationalistes. Très rapidement, le mouvement aura des activités proprement politiques, incluant l'utilisation des scouts pour distribuer les publications de partis politiques (comme le Parti du peuple algérien et le Mouvement des amis du manifeste), la participation à des manifestations, et l'utilisation des locaux scouts pour la tenue de réunions politiques et, pendant la guerre d'Algérie, pour cacher des moudjahidine activement recherchés par la police. Le mouvement formera donc pour le FLN un terreau propice au recrutement, et fournira de nombreux combattants lors de la guerre d'indépendance. En effet, à l'appel du FLN, les Scouts musulmans algériens décideront de leur autodissolution, pour reverser leurs effectifs, aptes au combat, dans les rangs de l'Armée de libération nationale. L'ALN tirera alors largement profit des aptitudes à la discipline, à l'encadrement et au secourisme, des scouts. Il est des dirigeants du mouvement qui intégrèrent le C.R.U.A (Comité Révolutionnaire d'Unité et d'Action), puis en 1956, furent présents au Congrès de la Soummam. Ils seront membres du Conseil National de la Révolution Algérienne, puis du Gouvernement Provisoire de la République Algérienne (GPRA). Ce lien entre scoutisme et politique est-il toujours d'actualité ? Avec la naissance du multipartisme, le mouvement libéré de la tutelle du parti unique se voit courtisé quant il ne devient pas lui-même courtisan.
L'Asma, a pris sur elle d'être apolitique en ne s'affiliant à aucune formation politique. C'est tout à son honneur, c'est audacieux. On n'est peu enclin à aider un mouvement qui ose se démarquer autant du champ politicien. L'Asma, dans son funambulisme qui contraste avec d'autres mouvements, dont le souci majeur est d'assurer leurs arrières, privilégie d'autres voies. A l'Asma, on reste la pépinière non pas du nationalisme et de patriotisme, cette bataille a été gagnée, mais de la citoyenneté. Et un citoyen respectable est d'abord un individu qui connaît son passé dans ses moindres recoins et tous ses prolongements. En fait, il s'agit, ni plus ni moins, de renouer un fil conducteur entre le premier combat qui consistât à nous débarrasser du système colonial et le nouveau qui s'engage après une trop longue période de valses-hésitations. Le pays a de nombreux essais à transformer. Contrairement à ce que l'on pourrait croire l'Association des anciens scouts n'est pas une assemblée du troisième âge où l'on se contente de se remémorer le passé autour de quelques tasses de thé. Non, l'Asma active sur le terrain, auprès des jeunes. Elle regroupe une bonne dizaine de milliers de jeunes de 7 à 18 ans, mobilisables à tous instants, sans compter les cadres. Cet été plusieurs camps seront organisés, comme d'accoutumée. Ce sera pour l'Asma l'occasion propice à la transmission des messages de l'avenir.

 

La " trahison " de Mohamed Bouras

La vie de Mohamed Bouras se résume à un parcours de combattant de la première heure n'ayant jamais emprunté les chemins détournés de la tergiversation. Bouras est de ces hommes qui ont une connaissance prémonitoire de leur destin. En se rendant à Vichy, Mohamed Bouras, sans doute, a-t-il voulu tester la bonne volonté française en demandant l'adhésion de la Fédération des scouts musulmans algériens, la Fsma, auprès du Collège du scoutisme français. Voici ce qu'il s'entendit répondre "Pour entrer dans le scoutisme français, il avait la faculté d'affilier les troupes de la Fsma, soit aux Eclaireurs de France, soit aux Scouts de France" On lui demandait carrément de dissoudre son mouvement. Déçu mais pas découragé, peut être conforté dans une certitude qui ne l'avait jamais quitté, Bouras franchi alors une ligne de démarcation autant la vraie, celle coupant la France occupée à l'autre collaboratrice que celle omniprésente dans son esprit. Bouras n'en était pas à sa première déconvenue, déjà en 1930, après un bref séjour en France, en quête d'un cadre adéquat, pour drainer, canaliser, préparer, les milliers de jeunes aux tâches de la vie quotidienne, et à celles qui leur incombaient du fait même de leur statut de colonisé, son ressentiment s'amplifia. La célébration du centenaire de la colonisation, humiliation cruellement ressentie par le peuple algérien, le renforça dans sa détermination.
Cette guerre, entre nations européennes, finalement, n'était pas la sienne, les évènements de mai, 4 années plus tard, lui donneront raison. Mais il n'en saura rien. De l'autre côté de la ligne de démarcation, il rencontrera les Allemands. Dans son " Histoire du nationalisme algérien " Mahfoud Kaddache explique que " Bouras avait agi à titre individuel pensant obtenir des armes pour les jeunes Algériens " Cette thèse est confirmée par ses compagnons de la Fsma " Bouras projetait de former une jeunesse scoute nationaliste qu'il fallait préparer à la lutte armée, d'où les exercices à caractère militaire exécutés par certains groupes au cours des sorties en campagne "
Bouras fait payer le prix fort son audace. Accusé d'espionnage (?) il sera traduit en cour martiale où une justice expéditive le fera condamner à la peine capitale ? Trois semaines plus tard il sera passé par les armes. A la suite de quoi un communiqué sera diffusé dans les journaux et dont voici la teneur émaillée de remarques entre parenthèses.
" Une affaire de trahison a été découverte le 8 mai 1941. Le tribunal militaire d'Alger constitué en cour martiale, a jugé lors de sa séance du 14 mai, six individus (Curieusement, on ne parlait plus d'indigènes) inculpés de haute trahison (A ce niveau, ne trahit pas qui veut) Après aveux des inculpés (" Les aveux les plus doux " aurait dit notre ami Georges Arnaud) le tribunal a prononcé deux condamnations à mort, une aux travaux forcés à perpétuité et une à 15 ans. Deux prévenus ont été relaxés. Les condamnés à mort ont été exécutés le 27 mai 1941 à 5h.30 sur le terrain d'Hussein Dey " La Fsma ne fut pas dissoute, ce qui indique que le chahid Mohamed Bouras, malgré la torture, n'a jamais " balancé " faisant don de sa vie à la cause nationale.

 

Scouts de France et Algérie : Entre audace et pusillanimité.

Depuis la fin des années trente, chacun des trois départements algériens est une province, pour les Scouts de France. Les provinces d'Alger, Oran et Constantine apparaissent dans l'annuaire de l'association au même titre que l'Artois, la Normandie ou le Poitou. Elles ne figurent pas dans la liste des unités d'Outre-mer aux côtés du Sénégal, du Togo, de la Martinique ou de la Réunion. Un effort tout particulier est fait dès 1947 pour l'Algérie : " Etant données les difficultés d'encadrement et l'acuité des problèmes du scoutisme musulman à l'heure actuelle, le QG a fait un très gros effort spécialement pour le financement et l'encadrement de l'Algérie" c'est du moins ce que précise un rapport d'activités présenté à l'assemblée générale des Scouts de France de la même année. L'Algérie est la seule région où l'association dispose d'un responsable permanent salarié. Son rôle consiste aussi à suivre, parallèlement, la situation du scoutisme en Tunisie et au Maroc. La question de la place des musulmans dans le scoutisme a conduit les Scouts de France à prendre en juin 1942, une position originale en créant une branche musulmane de l'association. En juillet 1946, celle-ci compte 400 garçons. Cette branche continue l'action des unités de scouts musulmans crées à partir de 1936 par les Pères Blancs au sein de l'Amina, soit " l'Assistance morale aux indigènes nord-africains " d'abord à Alger, puis dans les différentes implantations de cette congrégation. Nous restons dans le lexique colonial. Les Scouts de France se veulent " témoins et missionnaires " tout en cherchant à s'ouvrir sur les réalités de la société musulmane. Coup de tonnerre dans un ciel en apparence serein, dès novembre 1949. Le fameux gouverneur général Marcel Edmond Naegelen demande au Collège algérien du scoutisme, structure regroupant les sept associations du Scoutisme français en Algérie, d'exclure de ses rangs les Sma dont " l'attitude contraire aux intérêts de la France ne saurait être tolérée plus longtemps ". Les raisons sont faciles à deviner, nous les avons évoquées plus haut.
A la veille du 1er novembre 1954, les Scouts de France sont environ 2500 en Algérie. Les Sma sont 5000 et les Bsma 700. Il y a au total entre 13.000 et 15.000 scouts et guides en Algérie. Rappelons qu'à partir de 1951, les Scouts de France d'Alger encouragèrent une initiative originale. Des représentants de différents mouvements éducatifs et confessionnels de jeunes, musulmans et européens, se retrouvent pour des rencontres amicales. Ce sont les Scouts de France d'Alger dont le siège est en pleine Casbah qui permettent aux deux communautés, la musulmane des Sma et la catholique des milieux dits " avancés ", de se rencontrer. Outre les scouts, sont conviés à ces rencontres, les représentants des mouvements de jeunesse politique nationaliste (jeunes du Mtld, Mouvement pour le triomphe des libertés démocratiques, jeunes de l'Udma, l'Union démocratique du Manifeste algérien. De ces rencontres naît au printemps 1952 l'Ajaas, l'Association de la jeunesse algérienne pour l'action sociale, où sont très impliquée les Guides de France. On y organise des rencontres, généralement trimestrielles, entre jeunes de différentes origines, européenne et musulmane, sur des thèmes d'actualité comme le chômage, la faim et, cassant donc un sacré tabou, on débattra sur le colonialisme. Ce qui, immanquablement, conduit les européens à la découverte d'un monde ignoré. En mars 1954, l'association publie une revue, Consciences maghrébines. C'est André Mandouze, professeur à la faculté de lettres d'Alger, animateur durant l'Occupation de la revue clandestine Témoignage chrétien et connu pour ses opinions catholiques progressistes, qui sera sollicité pour en assurer la direction. Le comité de rédaction est composé de membres des SMA (Mahfoud Kaddache, Salah Louanchi, Reda Bestandji), d'étudiants chrétiens de la JEC et de Scouts et Guides de France. Cet engagement d'Européens vaudra à ses auteurs d'être victimes, plus tard, d'un processus feutré d'exclusion, mis en marche par l'appareil hiérarchique de ces mouvements. Les autorités n'avaient aucun intérêt à ébruiter l'affaire. Les scouts de France vont, tout le temps que durera la guerre, être tiraillé par leur conscience et les appels de certains de leurs responsables " à la raison " soit une soumission au traitement médiatique subi une opinion publique française, convaincue du bien fondé du fait colonial, depuis Jules Ferry. Autant à Paris qu'à Alger, des voix se feront entendre, pourtant, pour dénoncer les injustices, raison d'être d'un système colonial condamné par l'histoire. La répression de mai 1945, alors dans tous les esprits, sera leur meilleur argument. Une bonne part du mouvement scout de France aura travaillé au rapprochement, mais autant prêcher dans le désert. Il est des scouts qui rejoindront l'OAS, sans état d'âme, reniant, de ce fait, leurs vœux d'impétrants. Globalement, les scouts de France ne se seront jamais rendus coupables de ce silence que l'on interprète tel un consentement. Des propos furent tenus, suscitant un véritable tollé parmi les notables pieds-noirs, tels que Nous pensons que le problème actuel a des causes antérieures au 1er novembre. Nous pensons aussi qu'il ne suffit pas de réprimer et de rétablir l'ordre ". Pour les scouts, c'était là une façon d'agir qui compromettait " plusieurs années de travail au service du rapprochement des communautés " Durant la guerre, il est impossible aux Scouts de France de prendre une position publique tranchée au nom de l'institution. Une voie médiane sera trouvée qui privilégiera " le scoutisme missionnaire en milieu musulman " soit le dialogue fraternel et l'action sociale commune. La logique assimilationniste est mise en avant. Mais il est déjà trop tard.

 

Kamal Zemouri

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