Blog à part 

C’est affligeant, c’est laid et parfois ridicule, le monde…

Un match d’un homme de 70 kg contre un obus du même poids, est sans discussion, une des inventions les plus sottes de notre temps.

CLES BASM. Dans la longue litanie des échecs de la civilisation il faudra ajouter cette terrible expression de Bombes à Sous Munitions que l’on préfère appeler les BASM. C’est moins douloureux. Les Israéliens, ils ne sont pas les premiers malheureusement, les ont expérimentées au Liban. Pour les experts militaires, c’est une réussite. Avant eux, au Vietnam, « l’armée du Christ » pour paraphraser le Cardinal Spellman, avait généreusement arrosé le territoire du Nord de bombes à billes ou à fragmentation. C’est dingue ce qu’on innove pour les engins de mort ! Dire que des messieurs bien tranquilles s’échinent à trouver les moyens les plus efficaces et les plus rapides, car on est tout de même humain dans ce milieu, de tuer leurs contemporains. Et, que le soir après une rude journée où leurs cellules grises n’ont pas été ménagées, ils rentrent chez eux, font sauter leurs petits enfants sur leurs genoux et après un bon dîner en famille, retrouvent les bras de Morphée, pour une nuit peuplée de chastes rêves angéliques.

A DUBLIN, on a ouvert le dossier, pour dire que tout ça ce n’est pas très beau. On n’a pas idée quand même ! Seulement dans cette Irlande tourmentée, les présents n’avaient pas que des atomes crochus. Avec un tel ordre du jour on était en droit de s’attendre à un consensus, ce ne fut pas le cas d’entrée de jeu. Face à la sincérité des uns se dressât le cynisme des autres, certes moins nombreux mais dont la nocivité compense la faiblesse numérique. Tout le monde l’aura compris ce sont ces états qui tout en prônant la paix dans le monde, le devoir d’ingérence, et la démocratisation des droits de l’homme, ont des stocks de Basm à écouler sur un marché des conflits qui se porte bien. A suivre plus bas.

L’IMPOSTURE AUTOCRATIQUE et discrétionnaire s’étant dévoilée d’elle-même, depuis un moment, peut vouloir signifier qu’il existe une possibilité de réinventer le monde. Les antimondialistes, reconvertis en altermondialistes, se sont engouffrés dans la brèche, hâtivement rejoints par les représentants les plus en vue de la nébuleuse au doux euphémisme de social-démocratie et/ou du libéralisme social. L’ultra libéralisme ne lâche pas prise et tant pis pour cette planète qui finira bien, un jour, par se fendre en deux tends la ligne de démarcation n’en finit pas de se creuser. Le monde est gris. Il l’a été de tout temps. Le péril n’est ni jaune, ni rouge, ni même vert. Seuls les épouvantails (auxquels les moineaux finissent par s’habituer, ce qui explique les changements de teintes. Même phénomène d’accoutumance pour les cafards aux poisons destinés à les éradiquer) ont une couleur qui symbolise le mal, focalise les craintes ancestrales, la méthode n’étant pas née de la dernière pluie.
Le monde est un immense camaïeu de gris allant du plus pâle au plus sombre. Je subodore que la teinte la plus honnie des tyrans est celle de la matière grisée de liberté, de tolérance, d’altruisme et d’humanisme. Ce gris la, oui ! il est à la fois un risque et une chance pour notre avenir commun.

L’ANNEE SCOLAIRE touche à sa fin. Pour bien des établissements on a devancé la date officielle. Ce qui donne un air de vacances à nos cités envahies par des nuées de gosses n’ayant rien d’autre à faire que de s’habituer à leur futur cadre de vie, la rue. En 2008, on a donné un coup d’accélérateur à la réforme dont on peut mesurer l’évolution, notamment avec le retour, tant attendu, du préscolaire depuis la rentrée 2006. Là, les avis sont partagés selon que l’on soit cadre au ministère, enseignant ou parent d’élèves. Désormais, la voie est ouverte pour une école conviée à se débarrasser de ses scories, à exorciser tous ses démons, en un mot tournée vers le futur. Plus de pachas dans les lycées, plus de chefs d’établissements désignés plutôt que nommés pour leur compétence, plus de passe-droits. Simplement, l’école est appelée à jouer son rôle naturel à l’écart de tous les enjeux politiques. Il est affligeant de constater qu’après plus de 46 ans d’indépendance, on en soit encore à asséner des vérités aussi évidentes, surtout quand on sait ce que nous ont coûté certaines dérives. Les Algériens en sont conscients mais qu’y peuvent-ils quand des chefs d’établissements en viennent aux mains, tels des petits voyous, quand ils sont en présence de parents « qui coupent les cheveux en quatre » car légitimement préoccupés du devenir de leurs enfants. Mais peut-on savoir ce qui se passe dans l’esprit de certains cadres chargés d’appliquer la réforme, de la généraliser à l’ensemble d’un système dont ils se sont crus de longues années les légitimes fondés de pouvoir ? Et, dans ce cas précis, seuls les Algériens sont à même de mettre un terme à des pratiques qui ont mené la société au bord du gouffre. D’autres grands coups d’accélérateurs doivent être donnés pour atteindre une saine vitesse de croisière. Mais il y a encore loin de la coupe aux lèvres.

BOMBES BIS. Devinette à pas un centime de quelque monnaie que ce soit : quelle est la différence entre un réseau terroriste dormant et des bombes dormantes ? Philosophiquement aucune. Israël en a déversé, lors de sa dernière agression au Liban, 1,2 million, dont le plus fort pourcentage n’a pas encore éclaté. C’est un exemple parmi d’autres et la preuve par l’horreur que la civilisation des hommes n’a pas tellement évoluée, seules les techniques ont fait de prodigieux bonds en avant. A Dublin, une convention sur les armes à sous munitions prévoit que chaque Etat signataire « s’engage à ne jamais, en aucune circonstance, employer d’armes à sous munitions ; mettre au point, produire, acquérir de quelque autre manière, stocker, conserver ou transférer à quiconque, directement ou indirectement, des armes à sous munitions... » Ce texte, un de plus qui affiche de bonnes intentions, devrait être formellement signé à Oslo en décembre, avant sa ratification par l’ensemble des pays signataires. Les Etats-Unis et Israël en tête forment une sorte de front du refus, ce n’est guère une surprise. Encore heureux qu’il y ait la Convention de Genève qui nous précise qu’il ne faut pas tuer n’importe comment. Il faut s’arranger pour être en paix avec sa conscience. Ne jamais bombarder un hôpital, il ne faut viser que les vivants, mais surtout pas achever les blessés en les laissant mourir en paix dans un lit ou sur une civière. Il en est ainsi des conventions où personne ne veut trop se mouiller, ni mouiller ses alliés, tout en restant éthiquement correct et bienséant.

Kamal Zemouri

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