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L’Algérie prête à accueillir les
capitaux d’investissements
Par comparaison à beaucoup de pays africains, l’Algérie présente un
bilan économique favorable. Reste que, pour continuer à se développer,
il est impératif que la stabilité politique du pays soit maintenue et
que sa planification économique et sociale soit bien ciblée.
Qu’est ce qui a
changé, au juste, depuis que l’Algérie est dans l’économie de marché ?
Au plan législatif, le pays a mis en place tout ce dont a besoin
l’investisseur, qu’il soit national ou étranger. À l’heure actuelle, le
gouvernement algérien travaille surtout à moderniser le système
économique du pays et à tisser des liens internationaux, et plus
précisément à réduire le chômage et à diversifier l’économie, qui est
fortement tributaire de l’industrie pétrolière. C’est un effort
considérable apprécié par nombre d’opérateurs économiques. L’on sait que
le passage de l’Algérie à l’économie de marché nécessite une certaine
remobilisation dans les rouages de l’administration, dans la Fonction
publique, dans toutes les institutions impliquées dans la chose
économique. L’idée est de
« lutter contre la bureaucratie, de faire disparaître les méthodes
passéistes », comme le souligne un chef d’entreprise implanté dans
l’Algérois. Ce dernier constate que, même si tout n’est pas rose,
l’administration commence à changer, qu’un énorme progrès a été fait en
matière législative.
Notre locuteur avance que les opérateurs économiques exigent aujourd’hui
la sécurité et la facilité dans le domaine des investissements. Il pense
aussi que les potentialités dont dispose l’Algérie font d’elle un bon
partenaire au plan économique. Est-ce suffisant pour attirer davantage
d’investissements? Ce n’est pas si évident que cela. Il faut que
l’Algérie se fasse connaître, fasse connaître les potentialités qu’elle
recèle, qu’elle se transforme en eldorado attractif pour les
investisseurs, pour tous ceux qui désirent faire fructifier leur argent.
C’est jouable. Pour certains, si tout allait bien, l’Algérie pourrait
bénéficier de plus de 100 millions de dollars en investissement arabe.
Dans un monde économique concurrentiel, les capitaux existent partout,
il faut savoir se les procurer. Parce que ce n’est pas toujours évident,
la concurrence étant féroce entre multinationales. Il y a une vingtaine
d’année, elle se faisait entre sociétés de dimension moyenne, la
structure des économies, autant que celle des marchés n’étant pas au
top. Et, c’est pourquoi, les investisseurs préfèrent les pays où il y
des avantages préférentiels aux pays qui n’en proposent pas. L’Algérie
appartient à la première catégorie. Est-ce pour autant que les capitaux
affluent ? La réalité est tout autre, peu de capitaux, et des
investissements sélectifs pu rentables. Des indices ? Selon des
statistiques fournies par le site « Tout sur l’Algérie », sur environ 11
400 projets d’investissements nationaux et étrangers enregistrés en 2007
par l’Agence nationale de développement de l’investissement (ANDI), pas
moins de 8000 concernent un seul secteur : les transports de personnes
et de marchandises. Et ce n’est pas tout, sur l’ensemble des dossiers
présentés, seuls 136 sont des investissements étrangers (directs et en
partenariat). Ce bilan a été rendu public, la semaine dernière, par le
ministre des Participations et de la Promotion de l’Investissement (MPPI)
Hamid Temmar lors de la réunion du Conseil national de l’investissement
(CNI), en présence du chef du gouvernement Abdelaziz Belkhadem. Et selon
des indiscrétions, les chiffres présentés par Temmar ont « surpris» un
bon nombre de ses collègues ministres qui s’attendaient à « mieux »,
mais aussi le chef du gouvernement qui s’attendait sûrement à un bilan
un peu plus reluisant, capable d’être présenté et défendu devant les
députés de l’Assemblée Populaire Nationale (APN) dans les prochains
jours. Autre élément, les 11 400 projets agréées par l’ANDI sont
concentrés au niveau d’une dizaine de wilaya du nord du pays à savoir
Alger, Boumerdès, Tizi-Ouzou et Blida. Du coup, la politique des
pouvoirs publics destinée à encourager les investissements dans les
hauts plateaux et au sud en pend un coup. Cette situation, l’Etat veut y
remédier. Et il prend une importante décision, les projets
d’investissement liés aux transports sont exclus du système Andi.
Les investisseurs dans ce secteur devront désormais se contenter d’un
agrément du ministère des transports sans les avantages prévus dans le
code de l’investissement. Il a été également proposé au CNI de nouveaux
mécanismes de soutiens destinés à encourager les investisseurs à
s’implanter dans les hauts plateaux et le sud du pays. Autres mesures
prises par le gouvernement dans le but de réorienter les
investissements, la durée de mise à exécution des projets
d’investissements a été écourtée. Publiées au bulletin officiel sous
forme de décret exécutif du chef du gouvernement, de nouvelles règles
destinées à lutter contre les faux investisseurs et la spéculation
obligent les signataires de conventions avec l’Etat à entamer leurs
projets dans un délai d’un an. La mesure permet d’éviter les reventes du
foncier industriel où les longues immobilisations foncières coûtant cher
à l’Etat. L’investisseur est en outre tenu de présenter aux autorités un
état annuel d’avancement du projet, objet de la déclaration
d’investissement. Le décret fixe les règles de présentation de la
déclaration d’investissement, la demande d’avantages fiscaux et autres
et définit l’attestation de dépôt ainsi que les conditions d’octroi des
avantages aux investisseurs. Le marché du foncier a été réglementé. Il
n’est pas régulé. N’étant pas un marché comme les autres, parce qu’il
n’est pas concurrentiel, le marché du foncier doit être réglementé et
non régulé, soulignait Hamid Temmar, il y a quelques années. Le travail
de réorganisation du foncier a commencé et une agence chargée de le
gérer a été installée. L’offre du marché, de même que la demande, ont
été ainsi identifiées. Résultat, des milliers d’hectares sont à mettre à
disposition. Mais, comment faut-il s’y prendre ? L’Etat a puisé dans
l’excédentaire, le résiduel et dans les terrains non occupés.
Rachid
Tadart |