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à part
On achève bien les enfants...
Lorsqu'un méchant fait le bien, on
peut juger par un tel effort tout le mal qu'il prépare.
SIMAGREES. Comme il se
devait, c'est-à-dire avec une remarquable dose d'hypocrisie appuyée des
habituelles simagrées, le 1er Juin le monde a fêté les enfants, comme il
aura fêté l'arbre, l'eau, pour tout oublier le lendemain et replonger
dans ses haïssables et dangereuses impérities. Pauvres gosses ! Pour
certains esprits torturés, écorchés vifs, donner naissance à un enfant
dans ce monde tourmenté relève du crime contre l'humanité ! Le jugement
est fort mais pas faux. Au train où va notre planète, il ne sera, dans
quelques décennies, pas plus avantageux de naître en Suède qu'au
Darfour. La mondialisation par le vide s'annonce. Le néant globalisé est
pour demain.
TEXTES. C'est pourtant dès 1948 que les droits de l'enfant sont évoqués
dans la Déclaration universelle des droits de l'homme : " La maternité
et l'enfance ont droit à une aide et une assistance spéciale. Tous les
enfants, qu'ils soient nés dans le mariage ou hors du mariage, jouissent
de la même protection sociale ". Que de progrès depuis, dans le bon et
le mauvais sens, tout dépend du lieu de naissance du nourrisson. S'il
voit le jour à Helsinki ce n'est forcément pas la même chose que s'il
pousse ses premiers vagissements dans un village de l'Afrique
subsaharienne ou dans une zone de guerre au Congo, ou encore dans un
trou niché dans l'Altiplano. Entre la vertu des textes et la réalité il
y a un abîme.
PLUS TARD, en novembre 1959, l'Assemblée générale des Nations unies, la
larme à l'œil, adoptait - à l'unanimité des 78 Etats alors membres de
l'Onu - les dix principes d'une Déclaration des droits de l'enfant. Ce
texte, sans valeur juridique contraignante, constituait un code, une
référence, pour le bien-être de tous les enfants. Allez en toucher deux
mots aux gosses palestiniens pour qui le mot " jouer " n'a aucun sens.
Le seul jeu qu'ils connaissent c'est éviter les tirs de l'armée d'en
face, tout comme autrefois nous jouions à la balle au prisonnier ! De
toutes façons, à propos des Nations unies qui mieux que les Palestiniens
pourraient juger de sa crédibilité.
UN GOSSE meurt toutes les trente secondes ! En tout, ce sont quelque 5,6
millions d'enfants meurent chaque année parce qu'ils ne reçoivent pas
une nutrition adéquate tandis que 146 millions d'enfants risquent de
mourir en bas âge d'insuffisance pondérale. La dénutrition résulte d'une
alimentation insuffisante, d'une accumulation de maladies infectieuses
et d'un manque de soin. Elle entrave la croissance et le développement
des enfants et elle compromet la capacité des filles à mettre au monde,
plus tard, des enfants en bonne santé. La malbouffe se transmet tel un
mauvais héritage plombé par des taxes à la chaîne.
Comme de bien entendu, c'est dans ces pays là que le travail des
enfants, se manifeste sous ses pires formes, et le fait qu'il ait
diminué ne rassure pas pour autant. Tant que des gosses seront
exploités, on ne sera pas à l'aise dans nos fauteuils et nos
charentaises. La preuve, s'il en faut une, 218 millions d'enfants sont
encore au travail.
PAILLASSONS. Ne nous leurrons pas sur la nature humaine, elle est
majoritairement foncièrement mauvaise et cupide. Sinon comment expliquer
qu'encore, de nos jours, 250000 enfants et adolescents sont recrutés par
des groupes armés ou des forces armées dans le monde. Pour servir de
machines à tuer et de paillassons.
Autrefois, on parlait de la traite des blanches. Etant donné que le
monde a évolué, de nos jours c'est de traite des enfants qu'il est
question. D'après certaines estimations, il pourrait y avoir 1,2 million
d'enfants victimes de la traite chaque année. Il existe une demande
d'enfants comme main-d'œuvre bon marché ou aux fins d'exploitation
sexuelle. Souvent, les enfants et leur famille ne sont pas conscients
des dangers de la traite, convaincus qu'ils sont que les chances d'un
emploi et d'une vie meilleurs existent sous d'autres cieux plus
cléments. La traite des enfants est d'un incontestable rapport lucratif.
Des gosses de pauvres sont carrément assassinés afin que d'autres gosses
de parents fortunés puissent être greffés d'un rein, par exemple.
IDIOLATRIES. A chaque époque, à chaque système, ses personnages qu'on
idolâtre, les clubs de fans ont pris le pas sur les cellules du parti
communiste et Staline a été remplacé par Paris Hilton et toute une
kyrielle de people. Pire encore, avec Staline et les autres grands
dictateurs, on se croyait obligés de faire le poireau des heures durant
pour l'applaudir à sa descente de voiture, sinon gare au goulag, mais
avec Brad Pitt, Madonna, Britney Spears, Naomi Campbell, les gens qui
pleurent à chaudes larmes rien qu'en les apercevant, la peur du goulag
ça n'existe pas, seule la " connerie " humaine est, précisément dans ce
cas de figure, illimitée.
LA VIERGE de Lille. Que de foin pour un jugement d'annulation de mariage
! Et si les deux tourtereaux n'avaient pas été musulmans, aurait-on fait
autant de tapage autour de cette affaire qui n'en n'est pas une ? On
crie à une atteinte à la laïcité ! On politise à fond la caisse pour
régler des comptes et l'islamophobie reprend du service. Nous on a une
seule question à poser : ce magistrat qu'avait-il posé sur son bureau
lors de sa prise de décision, le Saint Coran ou le code civil français ?
Il n'a fait qu'appliquer une disposition de la loi française relative au
mensonge dans le cas d'une relation contractuelle et le mariage est un
contrat. On a bien tenté d'imputer à l'Islam les excisions, absolument
condamnables, mais face à l'évidence la calomnie n'a pas eu de
lendemain. Pareil pour cette histoire de virginité… Lille ya Lille !
Kamal Zemouri
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