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Projet de l'Union pour la
Méditerranée
Quels intérêts pour les pays
du Sud ?
Le projet de
l'Union pour la méditerranée que veut lancer le président français,
Sarkozy, chez lui, le 13 juillet prochain, reste encore flou et l'on ne
sait si les pays du sud y gagneront quelque chose.
Selon un expert européen " l'intérêt de l'Union européenne à s'associer à la rive sud de la
Méditerranée est multiple ". Il estime que ce projet sert plutôt à
réguler les flux migratoires, de diversification de son
approvisionnement en hydrocarbures, de développement de ses marchés et
l'importance de maintenir une certaine stabilité à ses frontières,
l'Union européenne doit s'impliquer dans la relation avec son flanc sud. Si le projet reste "flou", il n'en est pas moins au cœur des débats
européens et méditerranéens depuis l'arrivée au pouvoir du président
français et l'avènement prochain de la France à la présidence du Conseil
européen en fera une question de premier plan, dit-il. Cet expert n'y va
pas de main morte et ajoute qu'en dépit du nouveau contexte
international et régional particulièrement bouleversé, " l'Europe a
l'intérêt de poursuivre et même à approfondir ses relations avec cette
partie du monde ". Il y a d'un côté, de nouveaux enjeux de développement
et de mouvements de population concernent les pays européens et les
rives de la Méditerranée. L 'émigration de la population méditerranéenne
vers un espace européen sans frontières, et donc plus vulnérable, que ce
soit au sud ou au nord de l'Europe, impose à l'UE de prendre des mesures
et d'être en tête de file du développement méditerranéen.
D'un autre côté, " l'approfondissement de la coopération entre l'UE et
la Méditerranée serait l'opportunité de dépasser les conflits qui y font
rage par la mise en place de projets concrets de coopération
interrégionale ". La question migratoire a acquis une place
incontournable dans ce projet. Il y a également les déséquilibres
démographiques qui se font de plus en plus sentir, avec une croissance
rapide des populations actives au sud de la Méditerranée et une
disparité criante des niveaux de vie de part et d'autre, l'émigration et
les politiques de visa sont devenus des thèmes centraux de la politique
intérieure des pays du Nord mais aussi une donnée clef des relations
entre les gouvernements du Nord et ceux du Sud. Pour les Etats de la
rive sud et notamment du Maghreb, cette politique des visas doit être
abordée et devra être au centre de la coopération de l'Union pour la
Méditerranée. Voilà donc les enjeux. " En parallèle, dit encore cet
expert, les pays du sud souffrent d'une fuite des cerveaux
particulièrement importante, mettant en péril le développement dans la
région par les élites. Il existe un véritable besoin de coordination des
politiques migratoires, d'aide à la gestion des flux d'immigration
illégale mais aussi de partenariats universitaires afin de limiter cette
fuite des cerveaux. " Une intégration du sud permettrait d'enrayer
l'aggravation actuelle de la marginalisation de la Méditerranée dans
l'économie mondiale ". Selon Sarkozy, " en Méditerranée, le monde jouera
la pire des guerres ou la meilleure des paix. C'est en Méditerranée que
se cristallisera le dialogue des cultures entre l'Occident et l'Orient
ou l'opposition et l'exacerbation des tensions, c'est en Méditerranée
que nous réussirons la paix autour des projets concrets ou que nous
échouerons ". Evoquant ce projet, le Président français parle d'une
Union de projets fondée sur le développement durable, l'énergie, les
transports et l'eau. " Faisons ce qu'ont fait les pères fondateurs de
l'Europe. Tissons entre nous des solidarités concrètes, sans cesse plus
étroites, autour de projets pragmatiques qui mettent en jeu les intérêts
vitaux de tous nos peuples. Faisons comme les pères fondateurs de
l'Europe qui ont fait travailler ensemble des gens qui se haïssaient
pour les habituer à ne plus se haïr", avait-il appelé du Maroc en
octobre 2007. Sarkozy appelait les pays du pourtour méditerranéen à "
créer une union politique, économique et culturelle fondée sur le
principe d'égalité stricte entre les nations d'une même mer", "une Union
de la Méditerranée ne se confondant pas avec le processus de Barcelone
". La semaine dernière à Alger, les participants à la 15e session
ministérielle du Forum méditerranéen (Formed) ont convenu de tenir une
réunion ministérielle des Affaires étrangères à Paris, à la veille de la
tenue du sommet de l'Union pour la Méditerranée (UPM) prévue également
dans la capitale française. " Une réunion des ministres des Affaires
étrangères se tiendra le 12 juillet à Paris ", a dit le ministre des
Affaires étrangères, Mourad Medelci, dont les propos ont été rapportés
par la presse nationale. il a en revanche déploré que " près d'un mois
avant le lancement de l'UPM au sommet prévu à Paris, il n'y a pas encore
un projet de déclaration finale de ce sommet, qui précise le contenu du
projet ". Medelci a souhaité que le projet en cours " puisse être
transmis aux pays concernés prochainement, pour que chaque pays puisse
prendre une position officielle ".
Abbes Benali
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