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Coup de projecteur sur le secteur
industriel
Retard au décollage
Tenu à l'écart
depuis des années, le secteur industriel n'arrive toujours pas à
décoller, à dégager une croissance soutenue, durable. Pourtant, des
efforts colossaux on été consentis, ces dernières années, pour inverser
cette tendance. Les résultats se font attendre, même si de maigres
performances aléatoires sont affichées conjoncturellement. Les
déconvenues affectant l'industrie concernent aussi bien le privé que le
public. Gros plan sur une situation latente. En chiffres, les prix à la
production industrielle hors hydrocarbures ont progressé de 3,1% pour le
secteur public et de 2% pour le secteur privé en 2007 par rapport à
2006. C'est noté dans un document élaboré récemment par les services de
l'Office national des statistiques (ONS). C'est une progression notable.
Elle est nécessairement aléatoire. Elle est due essentiellement, dans le
secteur public, à une hausse des coûts de production des secteurs des
mines et carrières (15,6%), des matériaux de construction (7,4%), des
industries sidérurgiques, métalliques, mécaniques, électriques et
électroniques (ISMMEE, +5,5%), des industries manufacturières (+3%), des
industries du bois, liège et papier (2,3 %), de l'industrie
agroalimentaire (2,2%) et enfin l'industrie chimique avec (0,2%).
En revanche, le reste des secteurs d'activités a accusé une baisse,
comme pour les industries des cuirs et chaussures avec (-2,2%) et de
l'industrie des textiles (-1,3%), selon les données diffusées par l'Ons.
Au 4ème trimestre 2007, les prix à la production industrielle hors
hydrocarbures du secteur public, ont enregistré un taux de croissance de
1,5% par rapport au trimestre précédent qui s'est caractérisé par une
variation de moindre ampleur, soit (+0,7%).
Au cours des trois derniers mois 2007 et par rapport à la même période
de l'année 2006, la hausse des prix était de 3,9%, précisent les
services de l'ONS. L'évolution des prix, au cours du dernier trimestre
2007, s'explique essentiellement par la hausse de 3,3 % des industries
agroalimentaires.
Cette variation relativement " importante ", est liée à l'augmentation
des prix des produits de trois branches d'activités. Il s'agit du
travail de grains (+6%), de l'industrie du lait (+3,7%) et de la
fabrication des produits alimentaires pour animaux (5%). Les prix à la
production industrielle hors hydrocarbures ont connu une hausse de 2,4%
pour le secteur public et de 1,9% pour le secteur privé en 2006 par
rapport à l'année 2005, rappelle-t-on. Une croissance de 0,7% pour les
matériaux de construction, due particulièrement à l'augmentation des
prix des produits relevant de la branche fabrication de produits en
ciment et matériaux de construction divers", a également participé à
cette hausse.
Les matériaux de construction, une des importantes filières du secteur
industriel, a fait débat, ces derniers mois, avant que le gouvernement
n'intervienne pour essayer d'y mettre de l'ordre. Mais les choses ne
semblent avoir changé. Des entreprises privées, notamment, remettent en
cause le code des marchés 02/250. Et, elles veulent qu'il soit révisé. A
la lumière d'informations qu'elles disent avoir recueillies, elles
avancent une flopé d'indices sur le secteur du bâtiment, et sur les
matériaux de construction. Elles parlent de " spéculation " et " invite
" l'Etat à y mettre de l'ordre, en plafonnant par exemple le prix du
rond à béton dont le prix s'est envolé ces derniers mois. Il oscillait
autour de 4 550 dinars ; il est écoulé aujourd'hui à 8 000 dinars, prix
pratiqué au sortir de l'usine. Et, il est revendu à 10 000 dinars. C'est
un coût jugé excessif et par les auto constructeurs et par les grosses
entreprises. Le sable a également grimpé. De 6 000 dinars, il est passé
à 9 000 dinars, malgré la levée de l'interdiction d'exploiter le sable
des oueds. Et la responsabilité des pouvoirs publics dans tout cela ? Le
ministre de l'Habitat, dans une déclaration récente, sur la flambée des
prix des matériaux de construction, s'est voulu " moins alarmiste ". Il
ne rejoint pas l'avis des entrepreneurs qui soulignent que la question
de l'actualisation des prix devra accaparer les débats, car c'est la
seule manière de se prémunir " d'une éventuelle faillite ". Ils
rappellent cependant que la branche matériaux de construction, qu'il
s'agisse du secteur public ou privé, est en nette amélioration, et qu'il
suffit de l'exploiter de manière rationnelle. La flambée des prix, ce
sont les entreprises de réalisation dans le bâtiment qui en supportent
les conséquences. Aussi, les pouvoirs publics sont interpellés à prendre
impérativement en charge ce problème. Des sociétés privées se sont mises
à contribution à la recherche de solution. Certaines d'entre elles ont
procédé à l'installation de commission afin de procéder à une évaluation
correcte de l'inflation des prix des matériaux de construction. Et,
elles sont arrivées à des conclusions et ont établi des faits :
l'envolée des prix du ciment est ainsi le fait de la spéculation. Quant
aux prix élevés de l'acier, elles n'en avancent pas les causes. Elles
demandent néanmoins à l'Etat de procéder à des contrôles sur les
transactions commerciales pour éviter l'évasion fiscale. De même
qu'elles souhaitent que le gouvernement introduise une clause de
révision des prix des matériaux de construction, lorsque ceux-ci
augmentent. Elles relèvent par ailleurs qu'officiellement, il n'y a pas
de relèvement des prix. Mais que, sur le terrain, la flambée est bien
là, que le plus gros de la production du ciment est affecté aux sociétés
étrangères. C'est pourquoi, il y a nécessité de généraliser la formule
de révision des prix, pour éviter que ne soient mis à l'arrêt les
chantiers de réalisation, asphyxiés les entreprises. Et, d'instaurer un
avenant par la modification d'un article ou deux sur les contrats de
réalisations, incluant la régularisation des prix. Actuellement, il n'y
a aucune formule de compensation des prix. Aussi, certains recommandent
que le ministère du Commerce saisisse les responsables des unités de
production du ciment à même de mettre en place des conventions avec des
entreprises en charge de projets de projet de réalisations, suivant un
calendrier détaillé.
Rachid
Tadart |